Aliko & Ambai

2017  Aliko & Ambai, de Mark Eby et Diane Anton

La jeune Aliko (Moslyn Moses), entourée dans sa case par ses parents Mariona (Tabitha Albert) et Kilen (Inapero Susure), qui lui disent qu'elle réussit bien à l'école.

Revue du film par la Rose Noire:

Destinée de deux jeunes femmes dans les hautes terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Film de fiction coréalisé et coproduit par Mark Eby (un Américain ayant passé son enfance dans les hautes terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée, cameraman pour le film précédemment primé American Aloha – Hula Beyond Hawai’i), coréalisé et coécrit par Diane Anton (diplômée de l’Université de Goroka travaillant chez Oxfam pour la prévention des inégalités de genre, créatrice du personnage d’Aliko), et coproduit par Verena Thomas (chercheuse ayant réalisé le précédent documentaire Papa Bilong Chimbu, voir notre critique) pour le Centre des médias sociaux et créatifs de l’Université de Goroka. Le film est dédié à la mémoire de Lilly Samuel, comptable de production, décédée l’année même de sortie.

Ce film, financé par le Programme d’assistance aux médias du Pacifique de la chaîne australienne ABC dans le cadre de son projet Amour et Violence en Mélanésie, a été coécrit par Jenno Kanagio (caméraman du CSCM et créateur du personnage d’Ambai), et filmé par les cadreurs du CSCM Dilen Doiki (qui interprète aussi le fils de Kole) et Butler Otio (aujourd’hui cadre chez Kinect). La musique est signée par le Motu Richard Mogu (Small Island Big Song – An Oceanic Songline) et l’Américain Shannon Michael Terry (All Seasons Become One). Le film est en tok pisin sous-titré en anglais, avec quelques passages en anglais et en langue locale bena sous-titrée. Une version provisoire plus longue de 20 minutes existe également.

Le film suit le destin de deux jeunes femmes de la région de Goroka, dans les Hautes-Terres orientales de Papouasie-Nouvelle-Guinée: l’une habite à la campagne, l’autre en ville. Aliko (Moslyn Moses) est une adolescente vivant dans un petit village chez ses parents Kilen (Inapero Susure) et Mariona (Tabitha Albert). Bonne élève, ses parents aimeraient qu’elle poursuive des études afin d' »avoir un bon travail ». Mais alors qu’un clan rival devient menaçant suite à un conflit foncier, pourront-ils mener à bien leurs projets pacifiques?

Six mois ont passé; l’oncle Sikon (Koupa Gihiro) et la tante Samapi (Lilly Bebes) envoient Aliko à Goroka pour qu’elle puisse intégrer le lycée. Logée chez un autre oncle, Joe (Harry Koveso), Aliko est traitée durement par sa tante Mini (Maggie Kondango) et sa cousine Smarti (Lucy Sari), qui font d’elle une malheureuse Cendrillon. Elle se lie cependant d’amitié avec sa voisine Ambai (Venda Kakaso), qui assiste à la même classe de Mme Rizeloh (la coréalisatrice Diane Anton). Mais le beau-père d’Ambai, Marcus (Danny David), est un ivrogne très violent, et sa mère Joanne (Annie Yombon) est impuissante à la protéger. Les deux jeunes filles parviendront-elles à poursuivre leurs études dans un contexte familial si dégradé?

L’autre tante d’Ambai, Mary (Emma Mua), et Ethan (Paul Bebes), un vendeur ambulant de noix de bétel et de cigarettes, tentent de l’aider. Réfugiée dans un bidonville, Ambai a assisté aux violences entourant la campagne du riche politicien John Tango (Chris Pondriliki). Sa tante Mary semble connaître l’épouse de John, Rose (Llane Munau, une Bougainvillaise travaillant à l’Institut du Film de Papouasie-Nouvelle-Guinée). Quelle serait donc sa relation exacte avec cette famille?

Dans le village d’Aliko, le clan ennemi du vieux Kole (Gisa Lassy) propose enfin la réconciliation, mais ce dernier exige qu’Aliko l’épouse dans un mariage arrangé par le versement du traditionnel prix de la fiancée. L’espoir d’Aliko de réussir une vie moderne et indépendante par la poursuite de ses études supérieures devra-t-il s’évanouir sous le joug des traditions coutumières?

Cette chronique douce-amère, relatant les destins contrariés de deux jeunes femmes luttant pour changer leur vie face à une violence endémique, délivre un message positif sur la nécessaire reconstruction après toutes sortes d’abus. Malgré des retournements pas toujours convaincants, un rythme souvent languissant et une musique sirupeuse un peu envahissante, le film offre un portrait intéressant de la jeunesse actuelle dans les hautes terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

Revue en anglais, cotation 6/10 d’Aliko & Ambai

Aliko (Moslyn Moses), entourée de deux hommes de la tribu, est parée de coquillages et coiffée de plumes pour son mariage arrangé avec le vieux Kole. Elle tient à la main une perche avec des billets de banque reçus pour le paiement de son prix de fiancée.

Vidéo d’Aliko & Ambai – FilmFreeway

 

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