Un jeune Quatuor de saxophones : le Quatuor OPAL

Le quatuor Opal est né en 2022 au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, d’un goût commun pour l’élégance, la finesse et les jeux de couleur. Autant de caractéristiques de l’école française du saxophone dont ses quatre membres sont issus.

Actuellement en Master de musique de chambre au CNSMDP, le quatuor se plonge dans des styles très variés. Via la transcription, en apportant un éclairage nouveau à des œuvres écrites pour d’autres formations, le quatuor joue par exemple Mozart et Mendelssohn au saxophone, réalisant ses propres arrangements. D’autre part, Opal joue les grandes pièces du répertoire du quatuor de saxophones avec une approche moderne, ainsi que plusieurs créations contemporaines dédiées au quatuor par de jeunes compositeurs.

Opal est lauréat du programme Jeunes Talents et s’est produit en direct sur France Musique en 2025. Le quatuor a étudié avec David Walter et Michel Moraguès, formateurs des plus grands ensembles de musique de chambre français, et poursuit sa formation avec Jérémie Dufort et Jean-François Verdier. Le quatuor a déjà réalisé des enregistrements et a pour objectif d’enregistrer un disque en 2026.

 

Louis HOGNON, Saxophone soprano

Né en 2000 à Metz, Louis Hognon se forme Conservatoire de Toulouse puis au CNSMDP avec Claude Delangle. Il passe son 1er concours international en 2016 en Hongrie, où il remporte le 1er prix et obtient un 2ème prix aux « Rencontres des Anches simples ».

Pendant son parcours au Conservatoire de Paris, Louis Hognon se spécialise en musique de chambre. Il participe également aux grands concours internationaux «Adolphe Sax» et «Andorra Sax Fest», où il décroche les 2èmes prix. Il obtient son diplôme de Master avec la mention Très Bien à l’unanimité ainsi que son diplôme pédagogique du DE. Il a joué à plusieurs reprises au sein de l’orchestre de l’Opéra de Paris.

Re?my DESBONNET, Saxophone alto

Rémy Desbonnet commence le saxophone dans le Nord et montre très vite un goût prononcé pour la musique classique et le jazz et ainsi naît sa passion pour le saxophone, instrument à la croisée des chemins.

Il passe par Lille puis par le XIIIème arrondissement de Paris avant d’entrer au CNSMDP, en ayant au préalable intégré la Musique de la Garde Républicaine. Il remporte le 1er prix du concours “Adolphe Sax” en 2020. En 2022 il intègre le prestigieux Orchestre de la Garde Républicaine. Il obtient son diplôme de Master avec la mention Très Bien à l’unanimité. Il s’est produit au sein de l’orchestre de l’Opéra de Paris et de l’Orchestre National de Lille.

André TALLON,  Saxophone ténor

André Tallon se forme à Paris puis au conservatoire de Lyon, avant d’entrer en 2021 au CNSMDP avec Claude Delangle puis Nicolas Arsenijevic. Il est également formé à la direction d’orchestre.

Il crée et organise le festival de saxophone de Quincié-en-Beaujolais depuis 2022. Il a également participé à l’ouverture des jeux paralympiques de Paris 2024 et a remporté le 1er prix du concours “Saxo Voce” en 2025. Il s’est produit à plusieurs reprises au sein de l’Orchestre National des Pays de la Loire.

Malo LINTANF, Saxophone baryton

Originaire de Lannion en Bretagne, Malo a fait ses premiers pas dans l’univers des sons par la musique traditionnelle bretonne. Il découvre ensuite le saxophone classique et entre au Conservatoire de Rennes. Il poursuit sa formation au Conservatoire de Versailles auprès de Vincent David et obtient un Master d’interprétation. Il est titulaire d’un Certificat d’Aptitude de saxophone du CNSMDP et enseigne au conservatoire de Bondy. Il est lauréat du concours “Andorra SaxFest” 2018.

Concert : Le saxophone impressionniste

  • Maurice RAVEL, Tombeau de Couperin (extraits (arrangement) 16’
  • Claude DEBUSSY, Petite suite (arrangement) 14’
  • Gabriel PIERNÉ, Introduction et variations sur une ronde populaire 8’
  • Eugène BOZZA, Andante et Scherzo 7’
  • Thierry ESCAICH, Tango virtuoso 6’
  • Durée du concert : environ 1h

Note d’intention

Le quatuor Opal propose un concert autour de la musique impressionniste et sa descendance. Debussy et Ravel, en l’utilisant dans la Rhapsodie pour saxophone et dans le Boléro, ont joué un rôle majeur pour l’instrument et sa reconnaissance dans la musique classique. Deux transcriptions réalisées par le quatuor donneront un éclairage coloré et nouveau à deux chef-d’oeuvres des deux compositeurs.

À ces transcriptions répondront deux œuvres originales pour quatuor de saxophone très liées à l’impressionnisme : Pierné, grand ami de Debussy, a dirigé plusieurs créations de ses œuvres. Et Bozza, qui a étudié à Paris dans les années 20, a baigné dans un monde musical très influencé par les impressionnistes. Enfin, le brillant Tango virtuoso de Thierry Escaich – compositeur que le quatuor côtoie au CNSMDP – finira le voyage par une ouverture sur la musique française moderne, ici inspirée du Tango argentin.

Deux trios célèbres…

Dimanche 31 mai, à 17 h, au temple de Meudon, Plein Jeu présente le trio

VERRIER-GAZARIAN-BEAU, qui interprètera 2 trios célèbres :

 

HAYDN Trio n? 39 en sol M Hob. XV: 25

BEETHOVEN, Trio « à l’Archiduc » Opus 97

 

Pierre VERRIER, Violon

Ani GAZARIAN, Piano

Christophe BEAU, Violoncelle

 

Entrée : 20 €

Tarifs réduits (Demandeurs d’emploi, GIG, GIC) : 10 €

Jeunes de 18 ans et moins : Gratuit

Réservation conseillée :<pleinjeu@free.fr>

 

Ani GAZARIAN a étudié le piano à l’École Normale de Musique avant d’entrer au Conservatoire National de Musique de Paris dans la classe de Jules Gentil. A l’âge de 15 ans, elle a obtenu le 1er prix 1ère nommée à l’unanimité. Par la suite, elle a gagné le 1er prix du concours international Tagliaferro. Elle a aussi gagné le prix de la musique française au Mozarteum de Salzburg et le prix d’honneur de Bilbao. Une carrière de concertiste s’est alors présentée à elle. Elle a joué et enregistré dans le monde entier notamment avec l’Orchestre de Paris, les Orchestres Philharmoniques de Munich, Cologne, Stockholm, Istanbul, Minnesota… Par la suite elle devint l’une des fondatrices de l’Ensemble de Stockholm et des « Concerts du Château Royal », un événement annuel qui attire des milliers d’auditeurs.
 
Pierre VERRIER est titulaire d’une médaille d’or de violon de l’École Nationale de Musique de Bourg-La-Reine. Il intègre en 1986 l’Ensemble Orchestral Stringendo (direction Jean Thorel) avec lequel il se produit en soliste à plusieurs reprises. Il collabore ensuite avec l’Orchestre Symphonique Français (dir L. Petitgirard). Depuis 1996 il travaille avec l’Orchestre National d’Ile de France avec lequel il a notamment participé en 2018 au tournage de la série Philharmonia sur France 2. Durant neuf ans, il a été membre du quatuor à cordes « Musique Vivante » : CD collection Salabert Harmonia Mundi (1994), participation au concours international d’Evian (1995), concerts à l’Académie de Musique de Round Top Texas (1995 et 96). En 1997,  il fonde le Duo Iris avec le  guitariste Philippe Corde avec lequel il a parcourt le monde entier de 2003 à 2012. Depuis 2007, Pierre est aussi violon solo de l’Ensemble de musique sacrée Anthémis.
 
Christophe BEAU
Élève de Marcel Bardon au C.N.R. de Paris, Christophe Beau obtient un premier prix d’excellence de violoncelle
(1986) et un premier prix de virtuosité (1987). En 1988, il entre au C.N.S.M. de Lyon dans la classe d’Yvan Chiffoleau où il obtient un premier prix de violoncelle. Sélectionné par l’European Mozart Fondation, il part à Prague en 1993 pour suivre des masters classes de musique de chambre. Depuis 1992, Christophe Beau est membre des Virtuoses de France. En 1994, il est directeur artistique du festival Musiques en Ecrins. Depuis 2000, il se produit chaque année au Japon, en particulier avec le Quatuor Ravel. Depuis 2005, il est membre de l’ensemble Accroche Note et de l’Ensemble Hélios. En 2006, il fonde le festival à Belle-Île «Plage musicale à Bangor» et en est le directeur artistique. Titulaire du C.A., il enseigne au conservatoire du Vème arrondissement
de Paris. Christophe Beau est Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
 

 

Ensemble de musique baroque LES CASCADES

Dimanche 10 mai, à 17 h, au Temple de Meudon,

Plein Jeu invite l’Ensemble de musique baroque LES CASCADES

 

Cibeles BULLON MUNOZ, violon

Amélie BERSON, flûte

Jean-Christophe MARQ, violoncelle

Grégoire LAUGRAUD, clavecin

 

Le programme, que nous avons testé et qui nous a séduit, est centré sur des compositeurs allemands et français du Siècle des Lumières.

 

Deuxième Récréation de Jean-Marie LECLAIR

Trio sonate en Do M de Carl Philip Emmanuel BACH

3 ème Suite de Louis-Antoine DORNEL

6 ème quatuor de Georg-Philip TELEMANN

 

Si le génie de TELEMANN, un des plus féconds compositeurs de tous les temps, s’impose par son invention mélodique et la qualité de ses harmonies, on découvre avec bonheur une œuvre de Jean-Marie LECLAIR, l’un des violonistes les plus réputés d’Europe en son temps, en même temps qu’un compositeur extraordinairement inventif, et une sonate de Louis-Antoine DORNEL Quant à Carl-Philip-Emmanuel BACH, l’un des deux fils survivants du grand Jean-Sébastien, un virtuose du clavier, son style d’écriture séduit par son « mordant ».

 

Ce concert sera l’occasion de rencontrer deux musiciens qui pourraient rejoindre le conseil d’administration de Plein Jeu

 

Entrée : 20 €

Tarifs réduits (demandeurs d’emploi, GIG, GIC) : 10 €

Gratuit pour mineurs de 18 ans.

Réservation conseillée <pleinjeu@free.fr>

Ensemble Jacaranda (musique traditionnelle argentine)

Dimanche 22 mars à 17 h au Temple de Meudon

L’Ensemble argentin JACARANDA traverse l’Atlantique pour une tournée en France

Plein Jeu invite cet ensemble qui réunit 6 musiciens professionnels : quatre chanteurs et deux instrumentistes (et demi !)

 

Concert de musique traditionnelle argentine, avec

 

Laura BJELIS, soprano

Sandra PIANIGIANI, Mezzo soprano

Claudio Javier BREA, Ténor

Alejandro Héctor LUJAN, Basse et percussionniste

Cristian NELSON, Pianiste

Brian VACI, Violoncelliste

 

Libre participation

Réservations <pleinjeu@free.fr>

Le Rossignol en cage

Dimanche 18 janvier à 17 h au Temple de Meudon

(14 rue du Bassin, Meudon -Bellevue)

La Compagnie La Cupis composée de

Laurine Righyni, viole de gambe
Hélène Dufour, clavecin
Diane Omer Nguyen, déclamation, danse (si le lieu le permet), violon

Présentera son spectacle musical  « Le Rossignol en cage »

Rêverie poétique et philosophique interrogeant les notions de bonheur et de liberté, Le Rossignol en cage tire son nom de la fable publiée à la fin du XVIIème siècle qui sert de trame au spectacle.

Musique et danse, en dialogue avec le texte déclamé dans ses sonorités d’origine, donnent vie à l’histoire en y proposant une nouvelle dimension, où l’évocation poétique ouvre les portes de l’imaginaire et de la réflexion du spectateur.

A? travers une interprétation historiquement informée, nourrie par les connaissances des artistes dans l’interprétation de la musique, de la danse et du théâtre du temps de Louis XIV, ce sont des questions d’une actualité intemporelle qui sont soulevées, avec pour seules réponses celles du cœur et de l’âme éveillées par l’art.

Sur un texte de M. du Trousset (Recueil de vers choisis, 1693), avec des musiques de Franc?ois Couperin, Elisabeth Jacquet de la Guerre, Marin Marais, M. de Sainte-Colombe, et, si le lieu s’y prête, des chorégraphies originales dans le style d’époque.

Spectacle tous publics

Entrée : 20 €   TR. Demandeurs d’emploi : 15 €     GIC/GIG : 10 € 

Gratuit pour étudiants et moins de 18 ans.

Réservations <pleinjeu@free.fr>

Dimanche 1er mars à 17 h, 

JAZZ AU TEMPLE DE MEUDON

Avis aux amateurs de Jazz, et même aux autres

Plein Jeu invite

Le Tentette de Claude Abadie

ÇA VA CHAUFFER !

Avec

François HIGOUNET, Trompette 1

Fernand POLIER, Trompette 2

Jean-Sylvain BOURGENOT, Flugabone

Henri GIOANI, Clarinette

Yves AUTRET, Saxophone alto

Stéphane LUCIANI, Saxo ténor

Jean-Philippe WINTER, Saxo baryton

Luc TRIQUET, Piano

Jean-Louis BISSON, Contrebasse

Albert GLOWINSKI, Batterie

Libre participation

Réservations <pleinjeu@free.fr>

 

 

Ensemble à vent Charles Kœchlin

Dimanche 30 novembre à 17 h, au Temple de Meudon, Plein Jeu présente

L’Ensemble à vent Charles Kœchlin

Au programme : 

Antoine REJCHA (1770-1836), Quintette à vent op 88 n°2

 avec Serge Gallas à la flûte

Charles Guillon au hautbois

Isabelle Robert-Bobbée à la clarinette

Jean-Marc Coïc au cor

Hervé Combaz au basson. 

 

Malcolm ARNOLD (1921-2006), Three Shanties * pour quintette à vent 

            (*shanties : chants de marins )

 

Wolfgang-Amadeus MOZART (1776-1793), 16e quatuor en mi b majeur K428,

 avec : Cristina Gliozzo-Missaglia à la flûte

Jean-Marc Vezin au hautbois

Juliette Guillaumat-Vezin à la clarinette

Marc Deleplace au cor

Annette Patin au basson. 

 

Libre participation

Réservations : uniquement sur <pleinjeu@free.fr>

VERTIGES… tant de flambeaux

Dimanche 16 novembre 2025 – Temple de Meudon, 14 rue du Bassin

VERTIGES… tant de flambeaux

Poétesses de la Renaissance et de l’âge baroque

 

Piano / voix / compositions : Magali Goimard

Contrebasse : Marc Bollengier

Magali Goimard touchée par les textes des poétesses du temps jadis de Louise Labé à la mystérieuse mademoiselle LDPP

a mis en musique ces paroles de femmes aux amours passionnées, entre attente et renoncements.

Issus des XV, XVI, XVII siècles, les mots sont libres, on se moque, on larmoie, on rit, on s’exprime. Sonnets, rondels, chansons, prières, Magali Goimard brode en amoureuse des beaux textes, des musiques baroques et blues, pétillantes ou élégiaques.

Elle dit et chante une langue ancienne aux mots troublants, exigeants, hypnotiques.

Des jeux de l’esprit, des notes qui touchent au coeur …
Un envoûtement poétique résolument moderne.

Textes de Béatrice de Die, Louise Labé, Pernette du Guillet, Madeleine de l’Aubépine, Marguerite de Navarre, Gabrielle de Coignard, Claude de Bectoz, Catherine de Rohan, Anne de la Vigne, Melle LDPP, Madeleine et Catherine Desroches, Henriette de la Suze, Antoinette Deshoulières.

Autres Musiques : Couperin, Poulenc, Yves Simon

Places : 20 € – TR. 15 et 10          Gratuit pour moins de 18 ans           

Réservations / Renseignements <pleinjeu@free.fr>

« Tous les matins du monde »

Dimanche 12 octobre 2025 – 17 h – Temple de Meudon

Récital de Viole de gambe

Valentin TOURNET, Viole de gambe

Directeur de l’Ensemble de Musique baroque  « La Chapelle harmonique »

Entrée : 20 €, TR : 10 et 15 €.

Gratuit pour les mineurs de 18 ans

Réservation conseillée <pleinjeu@free.fr>

Renseignements : 06 09 76 29 23

 

 

PROGRAMME

M. de Sainte-Colombe, le pere : Les Pleurs pour Viole seule

M. de Sainte-Colombe, le fils : Prélude pour Monsieur Vauquelin

Chanson populaire traditionnelle : Une jeune fillette

M. de Sainte-Colombe, le fils : Fantaisie in E minor

M. de Sainte-Colombe, le pere : Gavotte du Tendre
Concert XLI a deux violes egales “Le Retour“

M. Marais : Improvisations sur les Folies d’Espagne L’Arabesque
Le Badinage

J.B. Lully, Le Bourgeois Gentilhomme : Marche pour la ceremonie des Turcs

M. Marais : La Reveuse

M. de Sainte-Colombe, le pere : Concert XLIV a deux violes egales “Tombeau Les Regrets“  Les Pleurs

 

 

Le film et la redecouverte de la musique ancienne

Adapte du roman de Pascal Quignard qui a ecrit les dialogues du film, Tous les matins du monde en a deliberement evacue les aspects politiques pour se centrer sur les rapports entre les deux hommes. La premiere sequence est un plan fixe de dix minutes presentant Marin Marais (Gerard Depardieu) age, artiste respecte de la cour royale, se rememorant la periode ou il fit la connaissance de Monsieur de Sainte- Colombe (Jean-Pierre Marielle), specialiste inconteste de la viole. Le reste du recit est un flash back lineaire au cours duquel la voix off de Marin Marais commente une partie de l’action. Le film (comme le roman) est alors le portrait saisissant d’un musicien misanthrope et intransigeant, inconsolable depuis la disparition de son epouse, rigide dans l’education de ses deux filles, mais acceptant de donner regulierement des recitals de viole auxquels assistent des membres de la Cour. Il remballe toutefois, non sans mepris, le musicien academique et le pretre charges de l’installer aupres du Roi. Les honneurs de la Noblesse ne sont pas pour Sainte-Colombe qui prefere accomplir son art dans une cabane vetuste, en rase campagne.

Le film est une belle reflexion sur la transmission de l’art et ses techniques : «Monsieur, vous faites de la musique, mais vous n’etes pas musicien», annonce-t-il definitivement a Marin Marais (interprete dans son age jeune par Guillaume Depardieu). Le recit devient alors celui d’une admiration frustree mais aussi d’un amour contrarie, a travers le personnage de Madeleine, la fille ainee (Anne Brochet, lumineuse), amoureuse du disciple de son pere et qui finira par sombrer dans la depression.

« Tous les matins du monde » permit de redecouvrir une musique baroque meconnue, incarnee par de somptueuses partitions dont La Reveuse et La Marche pour la Ceremonie des Turcs de Marin Marais (1656-1728). La photo d’Yves Angelo est sublime et les eclairages et cadrages tentent de retrouver l’univers de certaines compositions picturales, dans la lignee de La Kermesse heroique ou Barry Lyndon. Ces correspondances entre la musique et la peinture sont synthetisees par le personnage du peintre Baugin (Michel Bouquet), venu realiser un tableau pour immortaliser le lieu ou le spectre de Mme de Sainte-Colombe a surgi, muse fantomatique et a jamais perdue. Le film, qu’on ne saurait cantonner au genre du “produit culturel“ pour melomanes, obtint le Prix Louis Delluc. Son succes n’echappa pas aux professionnels de la profession qui lui accorderent sept Cesar dont ceux du meilleur film et du meilleur realisateur pour Alain Corneau : celui-ci confirmait apres Nocturne indien qu’il pouvait explorer d’autres voies que le polar. Et Jean-Pierre Marielle offre ici la meilleure interpretation de sa carriere.

 

Note d’intention

Tous les matins du monde represente le choc fondateur de mon enfance, mais aussi de ma vie de musicien. J’ai decouvert a quatre ans la bande originale du film – et vers sept ans ce dernier, qui comporte tout de meme quelques scenes assez impressionnantes pour les tout-petits !

Mais des ce premier contact avec la musique seule, tout etait joue. Je dois evidemment a mon pere, guitariste, et a ma mere, melomane passionnee, de me l’avoir faite entendre, cependant il n’y eut de leur part aucun discours pedagogique. La rencontre fut purement sensible, avec le timbre de la viole de gambe, que je demandai immediatement a apprendre. J’avais deja entendu l’instrument au disque, utilise pour la basse continue. Jamais sa voix seule, dont les couleurs et les inflexions me fascinerent bien davantage que les plages orchestrales du disque, qu’on pouvait imaginer plus facile d’acces.

Au fil des annees, je m’impregnais evidemment de la narration du film d’Alain Corneau, puis me plongeais dans le roman de Pascal Quignard. Je mesurais, en comparant l’interpretation de Jordi Savall dans la bande-son et celle des memes œuvres durant ses concerts, combien il s’etait mis avec la premiere dans la peau des personnages de Sainte-Colombe et Marin Marais, infusant chaque accent de leur psychologie, quitte a assumer une approche antihistorique qu’il ne retenait evidemment pas en jouant les pieces detachees de ce contexte. L’envie de m’abstraire egalement des contraintes musicologiques que m’imposaient mes professeurs, le plus souvent a juste titre, et de me livrer egalement a cet exercice theatral avec mes propres intuitions et ma propre sensibilite devint alors irresistible.

VALENTIN TOURNET

Paris, Mars 2024