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Église orthodoxe Saint Serge de Radonège, Paris 19e

Nathalie Le Bras, le 7 mai 2026
Article faisant suite à la visite que nous avons réalisée mardi 5 mai dans le cadre de nos sorties culturelles Adhérents.

D’une Eglise luthérienne « sur la colline » à l’église orthodoxe Saint Serge

Nichée au fond d’une cour verdoyante, accessible par un discret portail du 14 rue Meynadier ou par le 93 rue de Crimée, l’Église orthodoxe Saint Serge est l’un des trésors cachés du 19e arrondissement. On y accède par un escalier en bois à double volée, peint et sculpté, qui ouvre déjà une parenthèse hors du temps.

A l’origine : une église luthérienne allemande – 1861

À l’origine, l’église Saint-Serge n’était pas orthodoxe mais une église luthérienne allemande.

Le terrain fut acheté en 1857 par le pasteur allemand Friedrich von Bodelschwingh (1831-1910) qui déclarait sur le lieu situé à La Villette :« Je sentis une grande paix m’envahir et j’eus l’impression d’entendre une voix qui me disait : Cette colline appartient au Seigneur ». Il y fit donc construire une église en 1861 pour les besoins de la communauté ouvrière allemande du quartier, l’agrandissant en 1863.

L’arrivée de ces travailleurs s’inscrit dans un mouvement migratoire plus ancien :

  • Dès les années 1820, des milliers d’allemands quittent la Rhénanie, la Hesse, le Palatinat ou le Bade, frappés par les crises agricoles, la pauvreté rurale et la fragmentation des terres. Ils sont alors 30 000 à résider en France.
  • Dans les années 1830–1840, les difficultés économiques s’aggravent, tandis que la censure et la répression politique s’intensifient dans les États allemands, en particulier après les révolutions manquées de 1848–1849. A cette époque, on estime leur nombre à 180 000 en France dont 60 000 pour la seule ville de Paris.

Plus globalement, un trait commun à beaucoup d’expatriés allemands est la relative “perméabilité” entre immigration économique et exil politique. Ainsi, les artisans et compagnons qui s’installent en France dans les années 1820-1830 deviennent à leur corps défendant des exilés politiques, condamnés à l’expatriation à vie lorsqu’en 1835 la Diète de Francfort interdit aux Allemands de séjourner dans un pays où sont tolérées les associations politiques.

Mais ces émigrants de la faim ne sont pas les seuls à venir en France. Car dans les années 1830-1840, la censure et l’autoritarisme de Metternich et de Frédéric-Guillaume de Prusse poussent les opposants politiques à l’exil : socialistes, libéraux et démocrates émigrent alors en grand nombre en France. Au-delà même des persécutions politiques, c’est toute l’activité culturelle et scientifique originale, bridée en Allemagne, qui prend le chemin de la France. Musiciens, architectes, philologues, médecins même, exercent de ce côté-ci du Rhin et contribuent à faire de Paris la Mecque intellectuelle de l’Occident. Ainsi le poète Heinrich Heine, juif converti au protestantisme, choisit la “patrie des droits de l’homme”, le pays qui a émancipé les juifs.


Heinrich Heine, par Moritz-Daniel Oppenheim – 1831 – Kunsthalle de Hambourg.

La population de langue allemande, de 1830 à 1848, est donc faite à la fois d’hommes qui, de leur plein gré, ont choisi la France, pensant que leur talent y serait reconnu à leur juste valeur ; de bannis, politiques ou religieux, qui n’ont eu d’autre solution que de s’expatrier pour continuer leur combat pour la liberté ; d’ouvriers, d’artisans et de paysans, chassés de leur pays par la misère.

Par son importance, cette colonie de travailleurs constitue la première immigration économique de masse de la France contemporaine.


Livret ouvrier fin XIXe siècle. © Archives municipales de Roubaix

Paris, alors capitale industrielle et culturelle, attire cette main-d’œuvre en quête de mieux vivre mais aussi de liberté. Vers 1840, on y compte plus de 80 000 Allemands, travailleuses et travailleurs non qualifiés, de compagnons, d’artisans et d’exilés politiques, écrivains et artistes, ce qui fait de Paris la troisième plus grande ville allemande après Berlin et Hambourg.

Selon le milieu social, le domicile et le destin des émigrés allemands différaient fortement. La plus grande partie d’entre eux était constituée par les chiffonniers, les balayeurs de rue, les travailleurs de l’industrie ou du bâtiment. Ils gagnaient à peine de quoi vivre et logeaient dans les quartiers pauvres, en priorité dans le 5e arrondissement.

À partir de la fin des années 1850, les travaux de rénovation de Paris confiés au baron Hausmann par Napoléon III repoussent les populations modestes en périphérie de Paris. Artisans, ouvriers, journaliers, domestiques allemands et leurs familles s’installent massivement à La Villette, annexée à Paris en 1860, qui abrite alors la plus grande concentration d’usines et d’entrepôts industriels de la ville avec les chantiers du canal de l’Ourcq et les abattoirs.

À la fin des années 1860, La Villette connue sous le nom de « Petite Allemagne », compte jusqu’à 30 000 migrants allemands. C’est pour cette communauté pauvre, déracinée et majoritairement luthérienne que le pasteur von Bodelschwingh fonde une église rue de Crimée. L’édifice, construit en bois dans un style évoquant les chalets d’Allemagne du Nord, sert à la fois de lieu de culte, d’école paroissiale et de centre d’entraide. Il constitue un point d’ancrage essentiel pour ces familles immigrées, jusqu’à la rupture de 1870, lorsque la guerre franco-prussienne entraîne l’expulsion des Allemands de Paris et la fermeture de leurs institutions.


Friedrich von Bodelschwingh en 1906.


1886_la Hügelkirche_Église de la colline

Autre perspectiveL’apparition des salons russes dans le Paris de la première moitié du XIXe siècle”, par Yuliya Mineeva, ancienne pensionnaire (2021-2022) de la bibliothèque Marmottan, diplômée de l’université Lomonossov de Moscou et de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne

Rachat de la colline par les immigrés russes – 18 juillet 1924

Après la Première Guerre mondiale, l’ancienne église luthérienne allemande est placée sous séquestre par l’État français, comme toutes les propriétés appartenant à des institutions allemandes. Le bâtiment est laissé à l’abandon pendant plusieurs années.

À partir de 1917, la Révolution russe et la guerre civile provoquent l’exil de dizaines de milliers de Russes vers l’Europe occidentale. On les appelle les « Russes Blancs » par opposition aux « Russes Rouges ». «  Le nom de Russes blancs (péjorativement nommés par les bolcheviks, beliaki) ou de Mouvement blanc (Beloïe dvijeniïe) désigne la partie de la population russe n’ayant pas accepté la révolution russe, ou plus spécifiquement la prise de pouvoir par les bolcheviks, au début du XXe siècle. L’expression englobe ceux ayant lutté contre le nouveau régime lors de la guerre civile russe (révolution d’octobre ou révolution bolchévique) au sein des armées blanches mais ne désigne cependant pas de manière exclusive les personnalités militaires ; au-delà du contexte de la guerre civile, elle désigne l’ensemble des personnes ayant quitté la Russie après la révolution d’Octobre, voire après la révolution de Février (La révolution de Février marque le début de la révolution russe de 1917. Elle provoque en quelques jours l’abdication de l’empereur Nicolas II, la fin de l’Empire russe et de la dynastie des Romanov. Elle marque aussi l’émergence d’institutions révolutionnaires tels que les conseils ouvriers et les comités d’usines). Dans la plupart des cas, l’expression Russes blancs se réfère aux opposants monarchistes à la Russie soviétique, partisans du tsar et de la Russie impériale et qu’il convient de distinguer des « réfugiés russes » partisans d’une évolution démocratique non violente. Le terme peut également désigner par extension les descendants des premiers émigrés. » – Source Wikipedia.

« Le nom de Russes blancs est par la suite donné, de manière générique, à l’ensemble de l’« émigration blanche », soit la population des russes monarchistes exilés à la suite de la révolution, indépendamment du fait qu’ils aient ou non participé activement aux armées blanches ou à la guerre civile russe. Des intellectuels comme Ivan Iline, des membres de la famille impériale comme le grand-duc Nicolas ou de la noblesse comme le prince Ioussoupov étaient des figures des milieux émigrés russes « blancs ». La communauté « russe blanche » peut englober, par abus de langage, l’ensemble des exilés russes, des réfugiés et de leurs descendants, y compris quand ceux-ci sont nés après la révolution, même ceux qui étaient notoirement antimonarchistes. » – Source Wikipedia. En 1925, sur les 1 500 000 exilés estimés, environ 400 000 auraient « lu domicile en France. 

Paris devient l’un des principaux centres de cette diaspora.
Parmi eux se trouvent de nombreux prêtres, théologiens, intellectuels et étudiants qui cherchent un lieu de culte et un centre d’enseignement.

Pour en savoir plus :

En 1924, l’État met en vente la colline avec l’ancienne église luthérienne. Le métropolite Euloge (Guéorguievski), nommé en 1921 à la direction des paroisses orthodoxes russes en Europe occidentale par le patriarche Tikhon de Moscou (canonisé en 1989), décide de l’acquérir le 18 juillet 1924, jour de la fête d’été de Saint-Serge de Ragogène, pour y installer une paroisse orthodoxe et un centre de formation théologique. Ne disposant au départ que de cinq pour cent de la somme nécessaire, l’achat est finalement financé grâce à extraordinaire élan d’entraide et de généreux donateurs comme le Dr John Raleigh Mott (théologien méthodiste) (1865 – 1955).
Je ne rentrerai pas ici dans le détail des pressions qu’il a subies de Moscou vis à vis des « Russes Blancs » (veuillez cliquer sur son nom ci-dessus pour en savoir plus).


Euloge Guéorguievsky (1868 – 1946), inhumé à l’âge de 78 ans à la crypte de l’église Notre-Dame-de-la-Dormition de Sainte-Geneviève-des-Bois


John Raleigh Mott, dirigeant américain des Unions chrétiennes de jeunes gens. Il fonde la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants (FUACE), en anglais World Student Christian Federation (WSCF). Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1946 avec Emily Greene Balch pour son travail dans la fondation et le développement d’organisations internationales étudiantes protestantes travaillant pour la promotion de la paix.

L’église devient alors Saint-Serge, en hommage à Saint-Serge de Radonège, figure majeure de la spiritualité russe.
Pour en savoir plus sur l’histoire de Saint-Serge de Radogène, lire l’article très intéressant d’Alexandra Gouzeva « Cinq faits sur Serge de Radonège, le plus célèbre saint russe » issu du site « Fenêtre sur la Russie » : Les Russes pensent que leur pays doit son existence à ce moine, qui a vécu au XIVe siècle. C’est grâce à lui que les terres russes se sont unies et relevées après la terrible invasion tataro-mongole…..

  Icône Vie de Serge de Radonège, XVe siècle

La transformation en église orthodoxe – 1925-1927

Le bâtiment, conçu comme une église luthérienne en bois, doit être adapté à la liturgie orthodoxe. L’église fut emménagée dans le style des églises orthodoxes russes, ornée de portes royales datant du XVI siècle de l’école de Novgorod.

 Photo « Sortir à Paris©« 
 Photo André Serikoff©  Cloché – Photo André Serikoff©

Ces travaux donnent à l’église son apparence actuelle, que l’on découvre en entrant dans la nef.

L’architecture de l’église Saint-Serge

La structure intérieure, entièrement en charpente apparente, donne à la nef unique une atmosphère chaleureuse et intime.

L’espace est organisé selon la tradition orthodoxe : une nef orientée vers l’est, un sanctuaire invisible depuis l’assemblée, et une iconostase qui marque la frontière entre le visible et l’invisible. La lumière tamisée, les couleurs profondes et les motifs végétaux peints sur les murs créent une ambiance recueillie, très éloignée de la sobriété protestante d’origine.

L’iconostase, avec ses portes royales finement sculptées, attire immédiatement le regard. Les icônes, disposées selon l’ordre liturgique, structurent l’espace et guident la prière. Les peintures murales, les frises décoratives et les couleurs minérales donnent à l’ensemble une unité visuelle rare en France, typique de l’art sacré russe.

Sous la nef, la crypte accueille les offices en semaine et les enseignements de l’Institut Saint-Serge. Malgré ses dimensions modestes, l’église forme un ensemble cohérent, où se mêlent architecture luthérienne du XIXe siècle et tradition liturgique orthodoxe.

Les artistes contributeurs

La décoration intérieure de l’église, réalisée entre 1925 et 1927, est l’œuvre de deux artistes majeurs de l’émigration russe : Dimitri Stelletsky (1875-1947) et la princesse Elena Sergueïevna Lvova (1894 . 1971).

Dimitri Stelletsky (1875-1947) 

 
Dimitri Stelletsky est né dans la famille d’un ingénieur militaire. Les membres de cette famille appartenaient à l’ancien clan légendaire des Eleozorov. En 1896, il entre à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. Fortement intéressé par les racines byzantines de l’art russe, il recopie le « Dit du Prince Igor » et l’illustre avec des miniatures, œuvre achetée par la Galerie Tretiakov. Après avoir obtenu son diplôme universitaire (1904), il part pour Paris. Il fréquente l’académie de R. Julien, désirant obtenir un emploi à la manufacture de Sèvres, mais il n’y parvient pas et retourne en Russie. Entre 1908 et 1910 il travaille souventes pour des théâtres et opéras, en réalisant entre autres des esquisses de scénographie pour le drame historique de de A. Tolstoï « Tsar Fyodor Ioannovich », pour le Théâtre « Alexandrinsky » et l’opéra « Snégourotchka » de N. Rimsky-Korsakov, ainsi que pour le Théâtre « Mariinsky ». Il a participé à la mise en scène de l’opéra « La Pskovitaine » de N. Rimsky-Korsakov ainsi que pour « Saisons russes » de S. P. Diaghilev.
En 1914, D.S. Stelletsky fait un voyage en Italie et en France. La France, ou plutôt la petite ville de La Napoule près de Cannes, devient son refuge pour le reste de sa vie. Il écrit ce qui suit à propos de son émigration forcée : « Le climat du sud, la nature et mes activités dans un pays étranger sont loin de mon goût. Me voici coupé des racines de mon talent, de la Russie, mon âme chère et proche. Je n’ai pas assez d’air russe, de champs russes et, surtout, de peuple russe. J’ai toujours été inspiré uniquement par le travail pour la vie russe et les affaires russes ».


Iconostase, œuvre de Dimitri Stelletsky – Photo André Serikoff©

 
Iconostase, œuvre de Dimitri Stelletsky – partie gauche –  Photo André Serikoff©

Icône de Saint Séraphin de Sarov – détail de l’iconostase, œuvre de Dimitri Stelletsky – Photo André Serikoff©


Icône de la Résurrection – détail de l’iconostase, œuvre de Dimitri Stelletsky – Photo André Serikoff©


Peinture murale de la nef latérale – œuvre de Dimitri Stelletsky – Photo André Serikoff©

La Princesse Elena Sergueïevna Lvova (1894 – 1971)


La princesse Elena Sergueïevna Lvova, fille du prince Sergei Evguéniévitch Lvoff et de Zinaïda Petrovna, et nièce du Ministre du Gouvernement Provisoire G. E. Lvoff, naît le 12 novembre 1894 à Moscou. En 1917 à la Révolution, elle quitte la Russie avec sa sœur Catherine. Les deux sœurs se retrouvent d’abord en Crimée à Yalta, puis elles émigrent en France en 1918. Leurs parents, restés en Russie, sont arrêtés et exilés. Les quatre frères de la princesse Hélène quant à eux, seront fusillés entre 1937 et 1942. Hélène et Catherine s’installent dans la région parisienne dans la maison de leur oncle G. E. Lvoff. En 1926, Dimitri S. Stelletsky l’invite à participer à la réalisation de l’iconostase de l’église Saint-Serge-de-Radonège à Paris, en lui confiant les visages et la finition des détails de certaines icônes. La confiance de Stelletsky en la jeune peintre et la qualité de son travail témoignent déjà d’une expérience importante dans la peinture d’icônes. Elle devient membre de l’association « Icône » dès sa fondation. Par sa sobriété, son intelligence et sa modestie elle gagne le respect de ses collègues et pendant une certaine période elle prend la responsabilité de vice-présidente de l’Association. Parmi les plus importantes réalisations artistiques de la princesse Hélène Lvoff, il convient de citer l’iconostase de l’église de la Résurrection à Meudon, l’iconostase de l’église Saint-Alexandre-Nevsky-et-Saint-Seraphin à Liège, l’iconostase de l’église du Prophète Elie au cimetière orthodoxe d’Helsinki, une partie de l’iconostase (rangée de la Déesis) de l’église Saint-Job à Bruxelles, et l’iconostase de l’église de la Sainte Trinité à Montbéliard.


Le visage de Saint Nicolas par princesse Elena Sergueïevna Lvova – Photo Maciej Leszczynski©


Icone de la Mère de Dieu de Vladimir par princesse Elena Sergueïevna Lvova – Photo Maciej Leszczynski©

Icone Saint Serge de Radogène et ses disciples par princesse Elena Sergueïevna Lvova – Photo Maciej Leszczynski©

   
Table des Défunts
 
Icône de Saint Nicolas

Restauration des peintures de Dimitri Stelletsky par Géraldine Albers – Vidéo INA© 1996

Géraldine Albers est historienne de la restauration des œuvres d’art, experte auprès de la Cour d’Appel de Paris.
Elle est diplômée de l’école des Beaux-Arts de Paris. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome et de la Villa I Tatti, à l’Institut de Restauration de Florence (OPD).
Elle est diplômée de l’ICCROM pour les peintures murales (Rome) et les pierres (Venise) – Unesco.
Elle est également membre de l’ICOM, officier des Arts et des Lettres, et chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Emission orthodoxie du 03/03/1996, INA MGCPB0046534

L’Institut Saint-Serge : un centre théologique majeur

Dès 1925, le métropolite Euloge installe dans les locaux de l’église un établissement d’enseignement supérieur : l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. Très vite, ce lieu devient l’un des centres intellectuels les plus importants de l’orthodoxie au XXe siècle.

Parmi ses enseignants et chercheurs, plusieurs théologiens de renommée internationale ont marqué durablement la pensée orthodoxe :

  • Sergueï Boulgakov, philosophe et théologien, premier doyen de l’Institut.
  • Georges Florovsky, historien de l’Église.
  • Nicolas Afanassieff, spécialiste de l’ecclésiologie.
  • Paul Evdokimov, théologien laïc.
  • Olivier Clément, figure du dialogue entre orthodoxie et Occident.

Leur influence dépasse largement le cadre russe : l’Institut Saint-Serge devient un lieu de rencontre entre traditions orthodoxes, protestantes et catholiques.

Un rôle spirituel et culturel

L’Institut n’est pas seulement une école. Il :

  • forme des prêtres et des théologiens pour toute l’Europe,
  • organise des colloques et des sessions d’été,
  • conserve une bibliothèque exceptionnelle,
  • joue un rôle majeur dans le dialogue œcuménique.

Aujourd’hui encore, il demeure un centre de référence pour l’étude de la théologie orthodoxe.

La vie de la paroisse aujourd’hui

Entre 2018 et 2019, une décision du Patriarcat de Constantinople de dissoudre l’Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale et de les rattacher aux métropolites grecs a provoqué une crise profonde.

À la différence de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky (12 rue Daru, Parie 8e), qui est restée sous la juridiction du Patriarcat de Constantinople, la paroisse Saint-Serge a choisi en 2019 de se placer sous la protection canonique du Patriarcat de Moscou tout en conservant ses traditions liturgiques propres. Ce choix lui permet de préserver la plénitude de sa canonicité tout en conservant ses acquis liturgiques, spirituels et sociologiques.

Après une période difficile marquée par le départ d’une partie des fidèles, la paroisse connaît aujourd’hui un renouveau. La participation aux offices est revenue à son niveau antérieur, et les fidèles semblent encore plus conscients de la valeur spirituelle de leur communauté. Les offices, réputés pour leur beauté, sont suivis d’agapes conviviales dans le réfectoire du foyer des étudiants.

La chorale, elle aussi touchée par la crise, s’est reconstituée sur des bases solides. De jeunes chanteurs, fins connaisseurs du chant liturgique, perpétuent la tradition musicale de la colline Saint-Serge. La paroisse reçoit également le soutien attentif de son archevêque, le métropolite Jean, dont les visites pastorales sont très appréciées.

Source : https://www.centenaire-archeveche.org/fr/paroisse-saint-serge – 2021


Cathédrale saint-alexandre-nevsky 12, rue daru 75008 paris

Orthodoxie – Catholicisme – Protestantisme

Trois traditions issues d’une même racine chrétienne

Le christianisme s’est développé au fil des siècles en trois grandes familles :

  • l’Église orthodoxe,
  • l’Église catholique,
  • les Églises protestantes.

Elles partagent un socle commun : la Bible, la foi en Jésus-Christ, les sacrements, la prière, la charité.
Mais elles diffèrent par leur histoire, leur organisation, leur théologie et leur pratique liturgique.

1. L’ORTHODOXIE

L’orthodoxie, héritière de la tradition chrétienne d’Orient, s’est structurée après le schisme de 1054 qui a séparé les Églises d’Orient et d’Occident. Aujourd’hui encore, elle rassemble une famille d’Églises autocéphales — Russie, Grèce, Serbie, Roumanie… — unies par la même foi, la même liturgie et une conception profondément collégiale de l’autorité. Contrairement au catholicisme, l’orthodoxie ne connaît pas de figure centrale comparable au pape : chaque Église est conduite par un patriarche ou un métropolite, et les grandes décisions se prennent de manière synodale.

La spiritualité orthodoxe s’exprime avant tout dans la liturgie, qui occupe une place centrale dans la vie des fidèles. Chantée presque intégralement, rythmée par l’encens, les processions et les gestes symboliques, elle se veut une entrée dans le mystère plutôt qu’une simple commémoration. Rien n’y est laissé au hasard : les couleurs, les gestes, les chants, la lumière composent un langage théologique à part entière.

Les icônes y jouent un rôle essentiel. Elles ne sont pas des images décoratives, mais des « fenêtres vers le Royaume », selon une expression chère aux Pères de l’Église. Les icônes ne représentent pas le monde tel qu’il est, mais tel qu’il est transfiguré par la lumière de Dieu. On les salue en entrant dans l’église, on les vénère d’un baiser ou d’une inclinaison, on les encense pendant la liturgie ; elles accompagnent les sacrements, éclairent la prière et enseigne la foi. Héritières de l’art paléochrétien, de Byzance et des grands centres russes comme Novgorod ou Moscou, les icônes ont traversé les siècles sans rupture majeure, conservant un style et un langage spirituel presque inchangés depuis le Moyen Âge.

Au cœur de toute église orthodoxe se dresse l’iconostase, mur d’icônes qui sépare la nef du sanctuaire. Elle marque la frontière entre le visible et l’invisible, tout en racontant l’histoire du salut : le Christ et la Mère de Dieu, les apôtres, les prophètes, les grandes fêtes liturgiques, et, au centre, les portes royales ornées de l’Annonciation et des Évangélistes. À Saint-Serge, cette iconostase est particulièrement remarquable : elle associe des portes royales du XVIe siècle, venues de l’école de Novgorod, aux œuvres de Dimitri Stelletsky et de la princesse Elena Lvova, dans un ensemble d’une grande cohérence.

Comme l’Église catholique, l’orthodoxie reconnaît sept sacrements : le baptême, la chrismation (équivalent de la confirmation), l’Eucharistie, la confession, le mariage, l’ordination et l’onction des malades. Mais elle les aborde moins comme des actes juridiques que comme des moments de transformation intérieure, inscrits dans la continuité de la vie liturgique. Le calendrier, souvent régi par le comput julien, rythme l’année de fêtes, de jeûnes et de célébrations qui structurent la vie spirituelle des fidèles.

2. LE CATHOLICISME

Le catholicisme, enraciné dans la tradition occidentale du christianisme, se comprend comme l’héritier direct de l’Église fondée par les apôtres. Au fil des siècles, il a développé une structure fortement unifiée autour de l’évêque de Rome, le pape, considéré comme le successeur de saint Pierre. Cette centralité du siège romain donne à l’Église catholique une cohérence doctrinale et institutionnelle qui s’est affirmée particulièrement après la séparation d’avec l’Orient en 1054.

La vie catholique s’organise autour de la célébration de l’Eucharistie, cœur de la liturgie dominicale, et de l’enseignement du magistère, c’est-à-dire l’autorité doctrinale confiée aux évêques en communion avec le pape. La liturgie, plus ou moins solennelle selon les lieux, s’est diversifiée au cours de l’histoire, mais elle conserve une structure commune qui relie les communautés du monde entier. Les images religieuses — statues, tableaux, vitraux — y occupent une place importante, mais elles n’ont pas le statut théologique des icônes dans l’orthodoxie : elles sont des supports de prière, non des signes sacramentels.

Comme l’orthodoxie, le catholicisme reconnaît sept sacrements : le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, la confession, le mariage, l’ordination et l’onction des malades. Ils jalonnent l’existence du croyant et expriment la présence de Dieu dans les moments essentiels de la vie. L’Église catholique accorde également une grande importance à la vie spirituelle personnelle — prière, méditation, engagement caritatif — et à la dimension universelle de la foi, qui se veut ouverte à toutes les cultures et à tous les peuples.

3. LE PROTESTANTISME

Le protestantisme naît au XVIe siècle, dans un contexte de profondes aspirations à la réforme de l’Église. Avec Martin Luther, Jean Calvin et d’autres réformateurs, il affirme la primauté de l’Écriture et la nécessité d’un retour aux sources du christianisme. Cette rupture avec Rome, d’abord théologique, devient rapidement institutionnelle et donne naissance à une grande diversité d’Églises, organisées selon des modèles variés : synodaux, presbytériens, congrégationalistes.

Au cœur de la foi protestante se trouve la conviction que la Parole de Dieu, lue et méditée, est le premier lieu de la rencontre avec le Christ. La prédication occupe donc une place centrale dans le culte, souvent plus sobre et moins ritualisé que dans les traditions catholique et orthodoxe. Les images religieuses y sont généralement absentes ou très discrètes, par fidélité au commandement biblique et pour éviter toute confusion entre vénération et adoration.

La plupart des Églises protestantes reconnaissent deux sacrements : le baptême et la cène. Ils sont compris comme des signes de la grâce, reçus dans la foi, et non comme des actes sacramentels au sens catholique ou orthodoxe. La vie communautaire, la lecture personnelle de la Bible, l’engagement social et la responsabilité individuelle jouent un rôle essentiel dans la spiritualité protestante, qui met l’accent sur la liberté de conscience et la relation directe du croyant à Dieu.

Saint-Serge et le dialogue entre les Églises en France

L’Institut Saint-Serge poursuit aujourd’hui une activité académique soutenue, comme en témoignent les actes de colloques publiés ces dernières années. Plusieurs d’entre eux sont organisés en partenariat avec les facultés de théologie catholique et protestante de Paris, confirmant la place de l’Institut dans le dialogue intellectuel entre Églises. D’autres colloques, consacrés à des figures majeures de la tradition orthodoxe ou à l’histoire de l’orthodoxie en France, illustrent la continuité de sa mission propre. Cette production régulière d’actes, publiés notamment aux éditions du Cerf ou dans la revue Contacts, atteste du rayonnement toujours vivant de la colline Saint-Serge.

Plus d’informations sur le site de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge : https://www.saint-serge.net

Théologie de la résurrection – Les Chemins de la Foi – France Télévisions

 

Journées Européennes de l’Archéologie 2026

Visites guidées des Caves du Roi de Sèvres

Ouverture des réservations : mercredi 27 mai 2026
Aucune réservation ne sera prise en compte avant cette date !

Jours et horaires des visites

Les visites guidées des Caves du Roi, organisées dans le cadre des Journées Européennes de l’Archéologie, sont gratuites et auront lieu :

  • Samedi 13 juin 2026 : 10h30 · 14h00
  • Dimanche 14 juin 2026 : 10h30 · 14h00
    Si les créneaux de 10h30 et 14h sont complets, nous ouvrirons un créneau à 16h. Vous rendre tous les jours sur cette page pour en être informé.

Chaque créneau correspond à une visite guidée complète d’1h30 environ, constituée de 18 participants maximum. Réservation ouverte uniquement aux individuels et familles, sévriens ou non. La visite est inaccessible aux enfants de moins de 8 ans et les personnes ayant des difficultés de marche.

Conditions de participation

  • Visites gratuites d’1h30 environ, sur réservation obligatoire.
  • Chaque réservation est nominative – aucune personne supplémentaire n’est acceptée le jour même.
  • Aucune liste d’attente n’est gérée.
  • Nous vous remercions de ne réserver que si votre présence est confirmée, et de nous prévenir au minimum 7 jours avant la date de la visite en cas d’empêchement.
  • Avant de réserver : Merci de bien prendre connaissance des informations pratiques et des règles de sécurité situées sous le formulaire avant d’envoyer votre demande.

Formulaire de réservation

A compléter :

Je réserve :

Informations pratiques

– Lieu de rendez-vous : au Local de l’association, 2 Place du Colombier, 92310 Sèvres.
– Arriver 15 minutes avant l’heure de la visite

Règles de sécurité et assurance

1. Encadrement de la visite

  • Les visites sont assurées par des bénévoles de l’association.
  • Il est obligatoire de rester avec le groupe pendant toute la durée de la visite.
  • L’accès aux zones non ouvertes au public est strictement interdit.

2. Enfants et accompagnement

  • La visite est non accessible aux enfants de moins de 8 ans.
  • Les mineurs doivent être accompagnés d’un adulte responsable.
  • Les enfants doivent rester sous surveillance constante et ne jamais courir ou s’éloigner du groupe.

3. Comportement à adopter

  • Il est strictement interdit de toucher aux objets, vestiges ou installations.
  • Aucun élément ne doit être déplacé, manipulé ou prélevé.
  • Les visiteurs doivent marcher prudemment et ne pas courir.
  • Les consignes données par le guide doivent être respectées.

4. Préservation du site

  • Aucun déchet ne doit être laissé dans les caves.
  • Il est interdit d’écrire, graver ou apposer tout signe sur les surfaces.
  • Il est interdit de fumer !

5. Equipements et accessibilité

  • La visite n’est pas accessible aux personnes ayant des difficultés de marche en raison de plusieurs escaliers équivalant à environ trois étages.
  • Les visiteurs doivent porter des chaussures adaptées à un sol irrégulier et parfois glissant.
  • L’usage d’une lampe de poche est conseillée, certains endroits n’étant pas bien éclairés et le sol irrégulier.

6. Sécurité et responsabilité

  • En cas de malaise ou de difficulté, prévenir immédiatement le guide.
  • Toute personne adoptant un comportement dangereux ou irrespectueux pourra être exclue de la visite.
  • L’association se réserve le droit d’interrompre la visite en cas de non-respect des règles.

7. Mention importante – Assurance et responsabilité

L’association assure ses adhérents dans le cadre des activités qu’elle organise.
Les visiteurs non adhérents ne sont pas couverts par l’assurance de l’association et doivent disposer de leur propre assurance personnelle pour être protégés en cas d’accident.  Cette information est communiquée afin de garantir la transparence et la sécurité de tous.

Soutenir les bénévoles :

Les visites, l’entretien et la mise en valeur des Caves du Roi sont assurés par une petite équipe de bénévoles de l’association « Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres ».  Elles œuvrent toute l’année, pour mettre en valeur ce patrimoine culturel exceptionnel de Sèvres et le faire connaître au plus grand nombre.
Pour nous soutenir, vous pouvez : 
– Contribuer à la tirelire des Caves du Roi disponible à la fin de votre visite.
– Vous procurer nos autres publications, disponibles au local de l’association.
– Adhérer à l’association. Tarifs 2025/2026 : solo 20€ | couple 30€ – Adhésions
– Acheter le livre passionnant « Les Caves du Roi à Sèvres » de Lucie Hubschmann (prix : 15€).

           

Pour en savoir plus :

Histoire du lieu, de carrières royales à brasserie industrielle

Les carrières souterraines de la rue des Caves du Roi, creusées dès le XVIe siècle, ont d’abord servi de caves aux marchands de vin privilégiés du roi au XVIIe siècle, dont Louis Darboulin, fournisseur officiel de Versailles. Ces galeries furent progressivement aménagées en véritable complexe viticole, avec logements, tonnellerie et jardins, avant d’être transformées au XIXe siècle en brasserie moderne.

En 1890, la Brasserie des Caves du Roi est rachetée par les Brasseries de la Meuse qui modernisent les installations, ajoutent une malterie et développent un réseau de distribution en France et à l’international. L’usine emploie plus de 300 personnes et produit également des jus de fruits sous la marque Vivor.
Après un incendie en 1880 et les bouleversements des guerres mondiales, la production de bière cesse en 1950. L’activité de malterie et d’embouteillage se poursuit jusqu’en 1963 avant que le site ne soit définitivement fermé, absorbé par le groupe BSN, puis détruit entre 1970 et 1988. Aujourd’hui, ces galeries témoignent d’un riche passé industriel et patrimonial à Sèvres.

On parle de nous !

Découvrez le très bel article – lire ICI – que Sortir à Paris vient de consacrer aux Caves du Roi Un grand merci à  Rizhlaine, Rédactrice en Chef de ce média, reconnu pour la richesse et la qualité de ses contenus, lors de sa visite du 3 février 2026 avec Daniel, Président et guide de l’Association.

Abraham Justin Silly – maire de Sèvres : 1812-1815

Article du 27 février 2026

Abraham Justin Silly – 2e maire de Sèvres 

Mandat : 1812-1815
Profil : Juriste

Abraham Justin Silly devient maire de Sèvres le 6 janvier 1812. Au marin succède un juriste, un ancien notaire de Paris issu tant du côté paternel que maternel de familles d’hommes de loi fortunés. Dès sa nomination, il prend en charge la gestion de la commune par un travail approfondi sur le passé ancien et proche de Sèvres. Le jour même de sa prestation de serment, il procède à un recensement de la population dont les résultats confirment l’augmentation du nombre d’habitants. Non compris les domestiques et diverses catégories de personnel présents depuis moins d’un an, il est dénombré 3 060 « individus ».

La salubrité publique est une préoccupation du nouveau maire. Aucune canalisation n’existe à Sèvres qui reçoit les boues par les eaux de ruissellement en provenance des coteaux, mais aussi celles qui arrivent depuis Versailles. Entre boues et immondices qui se déposent dans les rues sans trottoir, on imagine le mal-être des habitants ! Ainsi, le balayage devant sa maison, boutique ou jardin est obligatoire deux fois par semaine. Un contrat de trois ans est signé avec le « boueur ».

En ce début d’année 1812, la situation générale est difficile. L’industrie qui s’était considérablement développée depuis le Consulat connaît une crise qui s’aggrave. La rente baisse, des faillites et banqueroutes se déclarent dans les industries de luxe, la soie, le coton. Du chômage s’ensuit. Le pain, base de l’alimentation, est cher. A sèvres, un tableau de secours aux indigents du 5 février au 4 mars 1812 recense 329 bouches à nourrir. Elles ont reçu pour la période 2138 kg de pain, 4200 de pommes de terre, 2550 de haricots. Un décret impérial du 24 mars crée la distribution de soupes de « RUMFORD » du physicien américain Benjamin Thomson Conte de Rumford qui avait effectué des recherches sur la chaleur et la lumière. 2 000 000 de soupes seront journellement distribuées sur le plan national pour la période du 1er au 1er septembre. Celles-ci seront réparties entre les départements, puis à l’intérieur entre les cantons proportionnellement à la population. Pour le canton de Sèvres, qui dénombrait le plus d’habitants (Saint-Cloud 2000, Meudon 2500, Garches 600, Vaucresson 400, Marne 150, Ville d’Avray 400, Chaville 600), les soupes attribuées seraient au nombre de 230.
Chaque soupe est évaluée à 1 sou 6 deniers et les communes sont autorisées à compléter par un emprunt ou en puisant dans leurs réserves l’insuffisance de l’allocation gouvernementale. Le nouveau maire, parfaitement à son aise dans cette nouvelle fonction, ordonne, agit et de préoccupe du bien et du bonheur de ses administrés. Les bals sont autorisés au quinconce de la Manufacture de Pâques au 1er octobre. Tous les autres bals seront autorisés, mais uniquement le dimanche. Les processions de la Fête Dieu sont rétablies. Sèvres aura son feu de la Saint-Jean, mais uniquement au point milieu de la rue de la Belle Hache, en face de la rue Sainte-Sophie, un endroit sans risque d’incendie du fait des maisons bâties en bois et toits de chaume.

Le 15 septembre 1807, Napoléon décidait de l’institution d’un cadastre en France. Cette opération qui sera longue dans toutes les communes de France, se terminera à Sèvres en novembre 1816. En effet, c’est une mission dans laquelle Abraham Justin Silly excelle. Il a pu retrouver les titres de l’ancien domaine de Sèvres et devant son conseil il évoque toute l’histoire du village, de ses Seigneuries, des achats effectués par le Roi au XVIIIe siècle, tant du domaine des Célestins que de celui des successeurs aux de Longueil.

En 1ere session de la sessions du conseil de 1812, après avoir retracé l’histoire de Sèvres, il présente le tableau des propriétés de la commune, avec des observations sur chacune d’elle. La 3e partie de son exposé comportera le tableau des dettes de la commune et celui des besoins pour la restauration ou l’amélioration des propriétés.

Il était maire depuis 5 mois, il connaissait parfaitement sa commune.


Archive : plan cadastral 1816_A1 – Nord et Parc


Archive : plan cadastral 1816_B1 – Centre et Rive Droite de Sèvres (entre la Route de Versailles – Paris et Ville d’Avray)


Archive : plan cadastral 1816_C1 – Rive gauche de Sèvres (Garlardon, Bas et Hauts Pommerets….)


Archive : plan cadastral 1816_C2 – Jardin de la Pompadour, La Manufacture de Porcelaine, Derrière le Château,  Les Binelles, Les Porchères, La Bourgogne, Les Fillouttes, La Jolie, Les Charons…


Archive : plan cadastral 1816_D1 – Brimborion, Pujot


Archive : plan cadastral 1816_E1 – Les Bruyères

Mais il n’est pas qu’historien. Juriste, il aimera régulariser certaines situations, celle du lavoir Gallardon bien communal, situé sur une place de la propriété réclamée par M. Cheviron. Il obtint gain de cause. Quelle que soit la situation, il avait à cœur de régulariser toutes les erreurs de son prédécesseur, que ce soit dans le sens de la commune que des habitants. Fin gestionnaire, il sait retarder les échéances de paiement pour restaurer les biens communaux (église, presbytère, ancien cimetière, Fontaine d’Amour, Fontaine Saint-Germain, Lavoir de Gallardon, pierrier des Binelles, chemins vicinaux….). Mais Napoléon a besoin d’argent ! En vertu d’un décret impérial du 20 mars 1813, les biens ruraux, maisons et usines possédés par les communes, sont cédés à la Caisse d’amortissement qui en percevra les revenus à partie du 1er janvier. Sont exceptés les biens dont les habitants jouissent en commun, ceux qui sont utiles pour la salubrité et l’agrément et ceux qui sont affectés au service public. Le Trésor impérial recouvrera ainsi 232 500 00 F pour le service des exercices 1811-1812-1813. Sur le surplus, la Caisse emploiera en achat de 5% de la somme nécessaire pour remplir ses obligations vis-à-vis des communes. 

Abraham Justin Silly déplorera cette situation, mais ne peut cesser en public de louer la bonté du couple impérial qui honore Sèvres de ses bienfaits : secours de 70 000F en juillet 1812 aux indigents du canton… Il mena le projet de l’installation d’un marché à l’emplacement de l’ancien corps de garde, qui aurait apporté de nouvelles recettes. Il n’existait alors qu’un seul carreau  à Saint-Cloud où  se vendait fruits et légumes. A sèvres, il aurait proposé deux fois par semaine, mercredi et vendredi, pain, viande, volailles vives ou mortes, légumes verts ou secs, fruits de toute nature. Malheureusement, ce projet avorta en 1814, la Préfecture refusant le plan en raison de l’exiguïté du passage laissé aux voitures se rendant aux Caves du Roi et du prix trop élevé des places.

Plus sérieusement que sous la municipalité précédente, l’on recherche des revenus extraordinaires pour entreprendre des travaux aux biens communaux. Le 15 février 1813, le préfet est inquiet de leur état. Au conseiller d’Etat, directeur de la Comptabilité des communes et des hospices, il écrit : « Parmi les autres communes de mon Département, il n’est que celle de Sèvres où l’établissement d’un octroi est urgent : dans cette commune, tous les édifices publics tombent en ruine, l’Eglise, le presbytère, le vicariat ont besoin de réparations ; le port, objet particulier d’industrie et singulièrement utile pour la commune, est dans le dernier état de dégradation. Indépendamment des dépenses que cette commune doit faire en réparations, elle doit acquitter une dette exigible asses considérable » (AN-F1b II S-et-0 22).

1813 sera la dernière année de l’Empire et pour la commune celle des premiers accords de délimitation des territoires de Sèvres et de Chaville avec la suppression de l’enclave des Châtres-Sacs ou du petit Viroflay. Malgré tous ses efforts A.J Silly ne parvient pas à améliorer l’état de la commune. Le pays souffre tout entier, tant du marasme économique que des guerres de Russie et d’Allemagne. L’industrie qui avait connu un essor au début du siècle stagne et de nombreuses faillites sont déclarées.

Fin décembre 1813, les armées alliées (Russe, Prussiens, Autrichiens) ont envahi la France et sont aux portes de la Champagne. Napoléon gagnera des batailles (Champaubert, Montmirail, Monterau), en perdra d’autres, mais sera dans l’obligation de faire retraite. Le 27 février 1814, le maire est informé par le chef d’Etat-Major que près de 7000 prisonniers de guerre doivent se rendre à Versailles. Ils passeront à Sèvres. Le 8 mars, le maire doit donner du pain à ces prisonniers qui se reposeront aux Bruyères. En parallèle, chaque jour apporte à Sèvres son lot de militaires français qu’il faut nourrir, loger, héberger, ainsi que les chevaux qui cantonneront à la Manufacture et dans les maisons du Bourg. On installe à l’Hôtel de Brancas un hospice provisoire. La bataille d’Arcis-sur-Aube les 20-21 mars signe la défaite de la campagne de Napoléon. Rapidement, cavaliers autrichiens et dragons russes remplaceront les troupes françaises, puis traverseront le pont le 31 mars occupant Paris le jour même.

 Plan général du siège de Paris (1814-1815).

Bivouac des troupes russes aux Champs Elysées à Paris au 31 mars 1814

 L’entrée des troupes russes à Paris – 31 mars 1814.

Le 1er avril 1814, le Sénat conservateur élit Talleyrand à la tête d’un « gouvernement provisoire ». Le 2 avril, le Sénat vote la déchéance de L’empereur. L’article 1 dispose que « Napoléon Bonaparte est déchu du trône, et le droit d’hérédité établi dans sa famille, est aboli. » Un long réquisitoire publié dans le Moniteur du lendemain l’accuse pêle-mêle d’avoir « déchiré le pacte qui l’unissait au peuple français », « inconstitutionnellement rendu plusieurs décrets portant peine de mort », « anéanti la responsabilité des ministres, confondu tous les pouvoirs et détruit l’indépendance des corps judiciaires ».


Procès-verbal de la déchéance de NAPOLÉON, sur lequel on voit les différents ajouts et réécritures effectués au cours des délibérations.

Le 4 avril 1814, les événements se précipitent à Fontainebleau : la journée s’achève par l’abdication conditionnelle de Napoléon et l’envoi auprès du tsar d’une délégation devant en négocier les contreparties.  Le 11 avril 1814, Napoléon signe le traité de Fontainebleau, conclu le 6 à Paris, entre les maréchaux Ney, Macdonald, le général Caulaincourt, ses plénipotentiaires, et les ministres d’Autriche, de Russie et de Prusse : une abdication inconditionnelle marquant ainsi la fin du Premier Empire et permettant ainsi la mise en place de la première Restauration de la monarchie française. Napoléon garde toutefois le titre d’Empereur et devient le souverain de l’île d’Elbe.

Peinture de François Bouchot (1843)

Le 12 avril, le conte d’Artois, futur Charles X, prend le titre de Lieutenant général du Royaume. Toutes les autorités de la ville de Paris se réunissent aux Tuileries avant de le rejoindre alors qu’il s’apprête à franchir la barrière de Bondy. Talleyrand, lorsqu’il s’avance vers lui, lui présente quelques vœux au nom du gouvernement :« Le bonheur que nous éprouvons en ce jour de régénération est au-delà de toute expression, si Monsieur reçoit avec toute la bonté céleste qui caractérise son auguste maison, l’hommage de notre religieux attendrissement et de notre dévouement respectueux. »
Plus qu’une véritable entrée triomphale, le retour à Paris du comte d’Artois représente l’espoir populaire d’un retour à la paix. Il y a fort à parier que tout autre individu, de la même importance familiale que le frère de Louis XVIII, aurait reçu un tel accueil, lequel fut peut-être accentué toutefois par l’allure chevaleresque et l’affabilité du prince. L’événement fut largement commenté, figure dans nombre de mémoires d’époque et participa à la notoriété du comte d’Artois – d’autant plus que l’entrée de Louis XVIII, quelques jours plus tard, fut beaucoup plus froide. Pour autant qu’il soit artificiel, le mot historique qu’on lui prêta en réponse à Talleyrand fut un temps très populaire. En 1830, il fut toutefois réemployé dans une caricature à charge avec pour titre : « 1814 : un français de plus. 1830 : quatre mille français de moins ».


Arrivée de Monsieur, comte d’Artois, à Notre-Dame (estampe de Martinet, 1815, Bnf)

Le 13 avril 1814, Le Moniteur, organe officiel du Gouvernement, publie l’acte d’abdication de l’Empereur.

 Le 13 avril 1814 – Extrait du Moniteur

Le traité est ratifié le 14 avril. En application de cet accord, Napoléon abdique sans condition. Il « renonce pour lui, ses successeurs et descendants, à tout droit de souveraineté et de domination en France comme en Europe. Il accepte de résider sur l’île d’Elbe, érigée en principauté, qui sera possédée par lui en toute souveraineté et propriété ».

Dans ce climat difficile, A.J Silly qui souhaite le retour des Bourbons sur le trône, suit les événements de près. Le 15 avril, sur son initiative, le Conseil est convoqué. S’en suivent les délibérations : » … Les membres du conseil jurent individuellement et pour tous les habitants de Sèvres fidélité inviolable, amour sans bornes, obéissance sans réserve, à la noble et antique Dynastie des BOURBONS, aux illustres descendants de Saint-Louis, de Henry quatre et nominativement à la personne sacrée du Roy Louis 18″. (ACSèv – 1 D 8). Suivent sur le registre les signatures suivantes : Silly maire, Donard, Troyon, Buard, Longuet, Drouet, Grellot, Rose, Claud, Legry, Gérard, Rabilly, Feuché, Renard notaire, Chartier et deux signatures non identifiées.

Le 20 avril, l’empereur fait ses adieux à sa garde dans la cour du Cheval-Blanc au château de Fontainebleau, pour  rejoindre l’ile d’Elbe.


Huile sur toile d’Antoine Alphonse Montfort – 20 avril 1814, Musée national du château de Versailles

Le 23 avril, une convention signée par le comte d’Artois, marquant ainsi l’armistice, livre cinquante-trois forteresses encore tenues par les armées françaises en Allemagne, en Italie et en Belgique, ramenant la France à ses limites d’avant janvier 1792. Elle sera suivie du traité de Paris du 30 mai 1814 qui règle le sort de la France et prévoit un congrès qui devra se réunir à Vienne en septembre pour régler le sort des territoires repris à Napoléon.

La première Restauration est accomplie quand le 3 mai, après un Te Deum à Notre-Dame, Louis XVIII s’installe aux Tuileries. 

Si le maire de Sèvres se félicite du retour des Bourbons, ses administrés furent sans doute moins heureux quand un arrêté préfectoral du 7 mai leur imposa une contribution extraordinaire dite du 1/5e destinée au paiement des vivres et fournitures aux troupes alliées en stationnement dans le département et dont l’entretien était à la charge de celui-ci. En juin, les troupes des Alliés quittent la France ; le bourg de Sèvres panse ses plaies, verse ce que Préfet et maire lui réclament tout en tentant de reprendre une vie normale.
Le 6 octobre 1814, pour la première fois sous le nouveau régime, se réunit de Conseil en sa session d’automne. Le maire rappelle l’œuvre réalisée depuis 1812 : réparation de la clôture des cimetières et du mur de soutènement du chemin du Petit Moulin, reconstruction de l’escalier de pierre de la fontaine Saint-Germain, pavage d’une partie très endommagée de la rue des Caves, aménagement de la place de Gallardon… ». A.J Silly espère alors beaucoup du retour des Bourbons.

Malheureusement,  Napoléon a quitté l’ile d’Elbe et débarqué le 1er mars 1815. Le 20 avril 1815, il s’installe aux Tuileries. A la mairie, les membres du Conseil municipal, du Comité de bienfaisance, le personnel municipal et Monsieur le Curé sont réunis. Ils prêterons tous serment « Je jure obéissance aux Constitutions de l’Empire et fidélité à l’Empereur ».

Cette allégeance tantôt du côté Royaliste, tantôt du côté Bonapartiste fera que Napoléon révoquera A.J Silly quelques jours avant Waterloo. Florentin Bernard, notaire, est proclamé maire le 11 juin 1815 par arrêté du Préfet Girardin. Mais A.J Silly n’accepte pas sa révocation et de d’autant, que s’accomplit rapidement la Seconde Restauration. Le 15 avril 1816, il est nommé maire de Saint-Cloud, mandat renouvelé par un arrêté du 20 août 1821….

Nathalie Le Bras, rédactrice

Pour revenir à l’ensemble de la Séquence sur les Maires de Sèvres, cliquez ICI

Sources plans de cadastre : ICI 


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#4 – La petite minute d’Histoire : L’Hôtel de Ville de Sèvres de la Révolution à la Mairie (1794–1909)

Le 14 février 2026
Rédaction, recherches approfondies et iconographie : Nathalie Le-Bras

L’Hôtel de Ville de Sèvres : quatre siècles d’histoire (suite)

Après avoir retracé, dans la Séquence 1, la naissance de l’Hôtel de Courchamp et son évolution jusqu’en 1794, nous avions laissé le domaine à un moment charnière : la mort du duc de Brancas, en pleine Terreur. La propriété appartenait encore à la Maison d’Orléans, mais elle était profondément bouleversée par les événements révolutionnaires et sur le point de changer de fonction.


2e séquence : De l’Hôtel de Brancas à l’Hôtel de Ville de Sèvres (1794–1909)

1794 : L’Hôtel de Brancas devient bien national

À la mort du duc Louis II de Brancas en janvier 1794, en pleine Terreur, la propriété est saisie comme bien national, conformément aux lois révolutionnaires visant les biens des nobles émigrés ou exécutés. L’Hôtel de Brancas, anciennement Hôtel de Courchamp, entre alors dans le patrimoine de la Nation.

1795-1815 : Armand Seguin, du rachat à la ruine du domaine
Vingt ans d’histoire de la Révolution au retour de la Restauration

En 1795, sur demande de la Convention Nationale(a), conformément à la loi du 14 nivôse an III (b) qui organise la vente des biens nationaux confisqués pendant la Révolution, le préfet de la Seine vend au chimiste Armand Seguin (1767–1835) (1), qui n’a alors que 28 ans, la propriété dite « maison de Brancas » à Sèvres ainsi que l’ile de Sèvres (qui prendra son nom). Ancien collaborateur de Lavoisier (2) pour ses expériences sur la respiration animale, il invente un procédé rapide de tannage des cuirs. Sa méthode à base d’acide sulfurique et diverses solutions tanniques, traite le cuir en deux ou trois semaines au lieu de plusieurs mois.

Séduit par cette innovation, le Comité de Salut Public (c) lui confie la mission d’assurer l’approvisionnement des armées révolutionnaires en souliers. Seguin installe alors sur l’île de Sèvres une importante tannerie destinée à répondre aux besoins militaires.


source BnF – Gallica 

 
Installations de tannerie

La chaussure de troupe de l’armée de Napoléon n’avait ni pied droit, ni pied gauche – BnF.

En 1796, grâce à cette innovation, Napoléon (3) lui confie le marché de « tous les cuirs tannés, corroyés et hongroyés nécessaires à la chaussure et à l’équipement de la totalité des troupes à pied et à cheval » pour une durée de 9 ans. La fabrique tourne alors à plein régime. Fournisseur officiel de la Révolution, Armand Seguin est alors l’une des plus grandes fortunes de France et il donne des réceptions somptueuses qui éblouissent le tout-Paris.

 
Hyacinthe Dunouy-Depuis le parc de St-Cloud-1821_Musée d’art et d’histoire de la ville de Meudon

Mais le voisinage ne partage pas cet enthousiasme. De l’autre côté de la Seine, à Sèvres, « L’air est tellement infesté des émanations des corps pourris de l’atelier, des lavages pleins de sang putréfiés… enfin de la corruption des matières stagnantes dans la rue, que les passants sont obligés de se boucher les narines« . Cette production industrielle signe en quelque sorte l’arrêt de mort de la production artisanale et la manufacture Seguin qui est dénoncée par ses concurrents comme un monopole d’état.  Seguin se lance alors dans des opérations financières risquées qui le fragilisent.

Pendant ce temps, l’Hôtel de Brancas, qu’il n’entretient plus, tombe en ruine. En 1809, Napoléon réintègre la propriété au domaine de Saint-Cloud.

Quelques années plus tard, après la défaite de Waterloo (18 juin 1815), Sèvres est occupée par les troupes prussiennes et les cosaques russes, qui réquisitionnent de nombreux bâtiments, dont l’ancien Hôtel ainsi que la Manufacture et le pavillon de Breteuil, annexe du Château de Saint-Cloud (rebaptisé Pavillon d’Italie par Napoléon).


Gravure non datée – Prussian redoubt commanding the Bridge of Sevres


La manufacture Royale de Sèvres, au XVIIIe siècle. A droite, l’ancienne ferme de la Belle Polle


Pavillon de Breteuil, rebaptisé pavillon d’Italie par Napoléon

La chute définitive de l’Empire le 7 juillet 1815 marque le retour au pouvoir de la maison des Bourbons avec Louis XVIII (4) (1755 – 1824), puis de Charles X (5) (1824–1830).
La Révolution de Juillet 1830 porte ensuite Louis-Philippe d’Orléans au pouvoir et ouvre la monarchie de Juillet. Pendant ces dix-sept années de bouleversements politiques, l’Hôtel de Brancas, revenu à la Maison d’Orléans héritière du domaine de Saint-Cloud, demeure à l’abandon jusqu’à ce que la municipalité de Sèvres en entreprenne l’achat en 1832.

1832 : Le conseil municipal achète l’Hôtel qui devient la Mairie

Le conseil municipal de Sèvres, à l’étroit dans l’ancienne maison communale, achète les bâtiments de Louis-Philippe (6) en 1832 et s’y installe en 1834 : l’Hôtel devient la Mairie.
Les jardins et terres qui bordent la Grande Rue entre l’Hôtel et le Parc de Saint-Cloud sont vendus par lots entre 1832 et 1834. Ce sera également le cas pour ce qui deviendra le quartier Brancas en 1866. Il ne reste à la Mairie que les jardins situés derrière celle-ci.

Depuis 1798, la mairie avait successivement été installée dans le presbytère puis en bord de Seine au 11 place Royale (aujourd’hui disparue) et enfin à l’angle de la rue des Caves et de la Grande Rue.

  

Outre la Mairie, suivant les époques, l’Hôtel comprendra une gendarmerie, une prison, un asile, une justice de paix, une école.
Au cours du XXe siècle, les différentes municipalités effectuent des travaux importants. On notera particulièrement ceux des années 1909-1910 avec la construction d’une poste sur un terrain appartenant au numéro 52 et qui donnent au bâtiment son aspect actuel.

Frise chronologique de l’Histoire de l’Hôtel de ville (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Nathalie Le Bras, rédactrice
  • Lire la séquence suivante sur les Maires de Sèvres ICI
  • Revenir à la séquence n°1 : l’Hôtel de Courchamp, puis de Brancas, de 1630 à 1794 : ICI

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Annexes – vocabulaire

(a) La Convention nationale (21 sept. 1792 – 26 oct 1795) est une assemblée constituante élue en septembre 1792, au cours de la Révolution française, à la suite de la chute de Louis XVI le 10 août 1792 et de l’échec de la monarchie constitutionnelle. Cette assemblée, qui succède à l’Assemblée législative, est élue pour la première fois en France au suffrage universel masculin, et est destinée à élaborer une nouvelle constitution. Elle reste en place du 21 septembre 1792, date de la proclamation de la République, au 26 octobre 1795, date de la promulgation de la constitution de l’an III, qui met en place le régime du Directoire. Son histoire est un épisode exceptionnel de l’histoire de France, marqué notamment par la condamnation à mort de Louis XVI par la Convention elle-même et de la reine Marie-Antoinette par le Tribunal révolutionnaire ; par la guerre civile (Vendée) et étrangère (première coalition) ; par la politique de la Terreur (1793-1794) ; par le redressement militaire de 1794 (sous l’égide de Lazare Carnot), le retrait de la Prusse (avril 1795) et le début de l’expansion de la République française, notamment en Italie sous le commandement du général Napoléon Bonaparte.

(b) Loi du 14 nivôse an III (3 janvier 1795) : https://assignat.fr/3-loi/loi-1795-01-03https://books.openedition.org/pumi/29513?lang=fr

-> L’Assignat est une monnaie fiduciaire mise en place sous la Révolution française. Après le système de Law (1716 – 1720), l’assignat est la seconde expérience de monnaie fiduciaire en France au XVIIIe siècle : toutes deux se soldèrent par un échec retentissant. À l’origine, il s’agissait d’un titre d’emprunt émis par le Trésor en 1789, et dont la valeur est gagée sur les biens nationaux par assignation. Les assignats deviennent une monnaie de circulation et d’échange en 1791, et les assemblées révolutionnaires multiplient les émissions, qui entraînent une forte inflation. Le cours légal des assignats est supprimé par la loi du 2 prairial an V (21 mai 1797).

-> Nivôse vient du Calendrier républicain ou révolutionnaire créé au cours de la Révolution française par la Convention nationale, assemblée constituante qui, élue durant l’été 1792, instaure la République le 21 septembre. Entré en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), ce calendrier a pour date initiale le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), lendemain de l’abolition de la monarchie, proclamé premier jour de l’« ère des Français ». Le décret qui lui donne sa forme définitive est publié le 4 frimaire an II (24 novembre 1793).

L’année du calendrier républicain était découpé en 12 mois de trente jours chacun (soit 360 jours), plus cinq à six jours complémentaires (selon les années) ajoutés en fin d’année pour qu’elle reste alignée avec l’année solaire.
Les noms des mois dans le calendrier révolutionnaire, dus au poète Fabre d’Églantine
– Le printemps : Germinal (mois de la germination), Floréal (mois des fleurs), Prairial (mois des prairies)
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L’été : Messidor (mois des moissons), Thermidor (mois de la chaleur), Fructidor (mois des fruits)
– L’automne : Vendémiaire (mois des vendanges), Brumaire (mois des brouillards), Frimaire (mois des frimas)
– 
L’hiver : Nivôse (mois de la neige), Pluviôse (mois de la pluie), Ventôse (mois du vent)
Les jours dans le calendrier républicain : Des noms de plantes, d’animaux, d’outils, ont remplacé le nom des Saints.
Chaque mois était divisé en trois décades (10 jours) dont le dernier jour était le jour du repos. Ce calendrier devint impopulaire car à partir de ce moment là, il y avait 9 jours de travail entre chaque jour de repos alors que le calendrier grégorien avait 6 jours travaillés entre chaque dimanche.
Les dix jours de chaque décade étaient respectivement appelés : Primidi, Duodi, Tridi, Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi, Decadi et au lieu du nom d’un saint comme dans le calendrier grégorien, il leur était affecté le nom d’un produit agricole, d’une plante ou d’un outil. Le début de l’année était fixé au minuit, compté en temps vrai de l’Observatoire de Paris, qui précède l’instant de l’équinoxe d’automne (aux alentours du 22 septembre).
Les 5 à 6 jours additionnels suivant le dernier jour de Fructidor étaient appelés :
1 Jour de la vertu
2 Jour du génie
3 Jour du travail
4 Jour de l’opinion
5 Jour des récompenses
6 Jour de la révolution (Jour bissextil)

                       

Le calendrier républicain est  annulé par Napoléon 1er le 1er janvier 1806 et remplacé par le retour du calendrier grégorien. 

(c) Le Comité de salut public est un des organes parlementaires de gouvernement mis en place par la Convention pour faire face aux dangers qui menacent la République française au printemps 1793 (invasion et guerre civile) pendant la période de la Terreur (1792-1793) (d)

(d) La Terreur est une période de la Révolution française s’étendant entre 1793 et 1794. Elle est caractérisée par la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire centré sur le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale. Ce gouvernement issu de la Convention nationale et la suspension temporaire de la Constitution de l’an I et donc de la légalité républicaine, se donne pour but de faire face aux multiples troubles que connaît alors la France : révolte fédéralisteinsurrection vendéenneguerre extérieure menée par les puissances monarchistes d’Europe. La Terreur se caractérise ainsi par un état d’exception destiné à endiguer militairement, politiquement, et économiquement la crise multiple à laquelle le pays est alors confronté.

En effet, la France est depuis avril 1792 en guerre extérieure face aux monarchies européennes qui souhaitent rétablir Louis XVI dans ses droits (il sera exécuté le 21 janvier 1793). À la suite de la chute de la monarchie, le 20 septembre 1792, et de la bataille de Valmy en septembre, la République est proclamée, un nouveau travail constitutionnel se met donc en place sous l’autorité de la Convention nationale.


Annexes – Du XVIIIe au  milieu du XIX siècle Siècle – figures historiques de la Révolution à la fin de la Royauté

(1) Armand Jean François Seguin (1767–1835) est né le 21 mars 1767 à Paris, fils de Hector Hyacinte Segouin (dit Séguin), notaire à Chartres, et mort à Paris le 23 janvier 1835.
Armand Seguin fut un collaborateur d’Antoine Lavoisier et cobaye humain de ses expériences. Chimiste expérimentateur, il mit au point, alors que les armées manquaient de souliers, un procédé de tannage rapide des cuirs épais. Il installa en 1795 une grande tannerie sur l’île de Sèvres ( l’Île Seguin, sur la Seine, rattachée à Boulogne-Billancourt), qui rationalisait les chaînes de production. Il fut en 1804 un des découvreurs de la morphine avec Bernard Courtois et Charles Derosne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Seguin_(chimiste)

(2) Antoine Lavoisier (1743–1794) ci-devant de Lavoisier jusqu’en 1790, est un chimiste, philosophe et économiste français, né le 26 août 1743 à Paris et guillotiné le 8 mai 1794 dans la même ville. Il est souvent présenté comme le père de la chimie moderne, qui se développera à partir des bases et des notions qu’il a établies et d’une nouvelle exigence de précision offerte par les instruments qu’il a mis au point. Il a inauguré la méthode scientifique, à la fois expérimentale et mathématique, dans ce domaine qui, au contraire de la mécanique, semblait devoir y échapper.
En 1785, il fait franchir un pas crucial à la chimie. Ses expériences démontrent que l’eau est un corps composé, que l’on peut former à partir de deux gaz nommés oxygène et hydrogène.

(3) Napoléon Ier – Napoléon Bonaparte né le 15 août 1769 à Ajaccio en Corse et mort le 5 mai 1821 à Longwood sur l’île de Sainte-Hélène, est un militaire et homme d’État français. Il est le premier empereur des Français du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars au 22 juin 1815, sous le nom de Napoléon Ier. Second enfant de Charles Bonaparte et Letizia Ramolino, Napoléon Bonaparte devient en 1793 général dans les armées de la Première République française, née de la Révolution, où il est notamment commandant en chef de l’armée d’Italie puis de l’armée d’Orient. Arrivé au pouvoir en 1799 par le coup d’État du 18 Brumaire, il est Premier consul — consul à vie à partir du 2 août 1802 — jusqu’au 18 mai 1804, date à laquelle l’Empire est proclamé par un sénatus-consulte suivi d’un plébiscite. Il est sacré empereur, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804, par le pape Pie VII, en même temps que son épouse Joséphine de Beauharnais.

(4) Louis XVIII  né le 17 novembre 1755 à Versailles sous le nom de Louis Stanislas Xavier de France et par ailleurs comte de Provence (17551795) — est roi de France et de Navarre du 6 avril 1814 au 20 mars 1815 puis du 8 juillet 1815 à sa mort, le 16 septembre 1824, à Paris. Issu de la maison de Bourbon, petit-fils du roi Louis XV, quatrième fils du dauphin Louis et de la Dauphine née Marie-Josèphe de Saxe et frère cadet de Louis XVI, il est appelé « Monsieur » quand ce dernier devient roi. Il choisit de s’exiler sous la Révolution française, puis adopte de jure en tant que prétendant au trône le nom de Louis XVIII, l’ordre dynastique incluant son neveu Louis XVII mort en prison en 1795 (à l’âge de 10 ans) sans avoir jamais régné. Surnommé « le Désiré » par les royalistes, il revient en France lors de la Restauration qui suit la chute de l’empereur Napoléon Ier. Il est brièvement renversé durant les Cent-Jours, puis revient à nouveau au pouvoir après la bataille de Waterloo, installant pour la première fois en France un régime parlementaire, certes tempéré par un très strict suffrage censitaire.

(5) Charles X : Charles-Philippe de Francecomte d’Artois, né le 9 octobre 1757 au château de Versailles et mort le 6 novembre 1836 à Görtz (Autriche), est roi de France et de Navarre de septembre 1824 à août 1830, sous le nom de Charles X. Il est le dernier Bourbon de la branche aînée à avoir régné. Issu de la maison capétienne de Bourbon, il est le septième enfant et cinquième fils du dauphin Louis et de la dauphine, née Marie-Josèphe de Saxe. Il est le dernier petit-fils de Louis XV et de Marie Leszczynska et succède à ses  deux frères Louis XVI et Louis XVIII comme roi de France. Attaché aux conceptions et valeurs de l’Ancien Régime, chef de file des ultraroyalistes sous Louis XVIII, il tente d’incarner la continuité de l’État et de la monarchie après la période révolutionnaire. À son avènement, sa priorité est de conserver la charte constitutionnelle octroyée par son frère dix ans plus tôt. Il renoue avec la tradition du sacre en 1825.

(5) Louis-Philippe 1er ou simplement Louis-Philippe, dit « le Roi-Citoyen », né le 6 octobre 1773 à Paris (France) et mort le 26 août 1850 à Claremont House, Surrey (Royaume-Uni), est le dernier roi à avoir régné en France, entre 1830 et 1848, avec le titre de roi des Français. Moins traditionaliste que ses prédécesseurs, il incarna au début de son règne un tournant majeur (mais éphémère) dans la conception et l’image de la royauté en France, avant un raidissement quelques années plus tard. Premier prince du sang sous la Restauration (car descendant de Louis XIII), le prince Louis-Philippe a, au cours de sa vie, porté successivement les titres de duc de Valois (1773-1785), duc de Chartres (1785-1790) et enfin celui de duc d’Orléans (1814-1830) avant d’accéder à la couronne en 1830, son cousin Charles X ayant été renversé par les « Trois Glorieuses », des 27, 28 et 29 juillet 1830.

Jardin du 13 novembre 2015 (Place Saint-Gervais)

Situé juste derrière l’Hôtel de Ville, le Jardin du 13 novembre 2015 est un espace mémoriel inauguré en 2025 en hommage aux 132 victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

  

Conçu comme un lieu de recueillement mais aussi de vie, il a été pensé en étroite collaboration avec les associations de victimes et réalisé par l’agence de paysagisme Wagon Landscaping. Ouvert au public depuis juin 2025, ce jardin de 3 000 m² occupe la place Saint-Gervais, au pied de l’église du même nom.

Il a été officiellement inauguré le 13 novembre 2025 par le président de la République et la maire de Paris.

Il s’inscrit dans la volonté de la Ville de Paris de créer un lieu à la fois sobre, apaisé et porteur d’espoir, où la mémoire des victimes se conjugue avec la résilience collective.

Le jardin évoque les différents sites touchés — Bataclan, Le Carillon, Le Petit Cambodge, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire, le Stade de France — à travers des blocs de granit qui matérialisent symboliquement les lieux des attaques.

La végétation saisonnière, l’éclairage nocturne, l’orme de Saint-Gervais et un olivier de la paix renforcent l’équilibre entre mémoire, nature et renaissance.

Pensé comme un jardin en mouvement, il accompagne les visiteurs dans un parcours sensible : un espace où l’on se recueille, où l’on respire, où l’on se souvient. Dix ans après les attentats, ce lieu offre une réponse urbaine et paysagère à la question de la mémoire collective, en plein cœur de Paris.

Hôtel de Ville de Paris

Dominant l’ancienne place de Grève* depuis 1357, aujourd’hui Esplanade de la Libération (depuis le 22 avril 2013), l’Hôtel de ville est le plus grand bâtiment municipal d’Europe : long de 110 mètres, large de 85 mètres et haut de 48 mètres.

A l’origine, La “Maison aux Piliers” était un grand bâtiment médiéval qu’Étienne Marcel acquiert en 1357 pour y installer l’administration municipale : c’est le premier Hôtel de Ville de Paris. À partir de 1533, le roi François Ier commande un véritable hôtel de ville de style Renaissance. Les travaux, menés par Domenico da Cortona puis Pierre Chambiges, s’achèvent en 1628.
Cet édifice devient le centre politique et administratif de la capitale.

Au cours des siècles, l’Hôtel de Ville est le théâtre de nombreux événements majeurs :

  • 1789-1799 : la Révolution française y installe des assemblées révolutionnaires et des comités.
  • 1830 et 1848 : les insurgés y proclament les nouveaux régimes.
  • 1871 : lors de la Commune de Paris, le bâtiment est incendié et entièrement détruit le 24 mai.

La reconstruction est décidée dès 1872. Les architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes réalisent entre 1874 et 1882 un édifice néo?Renaissance, reprenant fidèlement l’aspect extérieur du bâtiment du XVI? siècle tout en créant des intérieurs entièrement nouveaux décorés par les artistes de la Troisième République. La Salle des Fêtes, inaugurée en 1882, s’inspire du Palais des Doges de Venise et symbolise l’ambition républicaine de la capitale.

Aujourd’hui, l’Hôtel de Ville demeure :

  • le siège de la municipalité de Paris,
  • le lieu des séances du Conseil de Paris,
  • un espace de représentation officielle,
  • un ensemble architectural majeur, témoin de plus de six siècles d’histoire urbaine et politique.
  • La visite permet de découvrir un monument emblématique où se croisent histoire politique, architecture néo?Renaissance et vie démocratique contemporaine.

* Place de Grève : Le site était occupé autrefois par une ancienne grève, donc une sorte de plage faite de sable et de gravier, où il était facile de décharger des marchandises arrivant par la Seine. Ainsi très vite s’y installe un port remplaçant, progressivement, le port Saint-Landry situé sur l’île de la Cité. Le port de Grève devient le plus important de Paris : le bois, le blé, le vin, le foin y sont déchargés, facilitant ainsi l’installation d’un marché. C’est autour de ce port que va ainsi se développer sur la rive droite, un quartier très dense. Ce port permet l’installation, dès le début du XIIe siècle, d’un marché public qui portait en raison de sa proximité à la Seine le nom de « place de Grève ».

Ventes de livres de l’association – décembre 2025

À l’occasion des fêtes de fin d’année, la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres a organisé deux matinées de vente de ses ouvrages, les samedis 13 et 20 décembre 2025.

Un grand merci à Françoise Lancelot, organisatrice de l’événement, ainsi qu’aux membres du Bureau (Daniel Prodon, Annie Dillies-Le Bras et Nathalie Le Bras) pour leur participation. Nos remerciements vont également à Marcelle Marcelli, Danièle Bours, Alain Dubourg, Brigitte Thoury et Jacques Peretti et à tous les autres membres présents qui ont contribué au bon déroulement de ces journées.

Nous exprimons aussi notre gratitude aux services de la Mairie de Sèvres pour le prêt d’un barnum, particulièrement apprécié en cette saison.

Ces ventes ont été une réussite, tant par l’ambiance conviviale et les rencontres avec les Sévriens (et au-delà), que par les résultats obtenus : les ventes ont dépassé celles de l’année précédente, et les visites des Caves du Roi ont rencontré un bel engouement.

Enfin, nous remercions chaleureusement Monsieur le Maire, Grégoire de la Roncière, pour sa visite.

Liens vers les posts vidéo sur Facebook :

  

Affiche de Françoise LANCELOT  Flyer de Nathalie Le Bras 

Photos de Nathalie Le Bras et Martine Lao

Les Caves du Roi à Sèvres, Des marchands de vins du Roi aux Brasserie de La Meuse

Vous venez de visiter les Caves du Roi ? Voici un excellent moyen de poursuivre l’aventure ! L’ouvrage « Les Caves du Roi à Sèvres – Des marchands de vins du Roi aux Brasseries de La Meuse » vous offre une plongée passionnante dans l’histoire de ces galeries, du XVIe siècle à nos jours. Un souvenir précieux de votre visite… et un geste de soutien envers l’association et ses bénévoles. 


Résumé du livre : Sous les rues de Sèvres se cache un réseau de caves au passé insoupçonné. Dans cet ouvrage, Lucile Hubschmann retrace l’histoire des “Caves du Roi” creusées dès le XVIe siècle pour la conservation du vin, puis investies au XVIIIe siècle par les marchands de vin du Roi, qui approvisionnaient la cour de Versailles. À travers des archives, des témoignages et des relevés de terrain, l’auteur dévoile comment ces galeries ont traversé les siècles, passant des mains royales aux Brasseries de La Meuse au XIXe siècle. Ce livre, richement illustré, nous plonge dans une aventure souterraine où se mêlent traditions viticoles, enjeux industriels et mémoire locale, révélant un pan méconnu du patrimoine sévriens.

Ouvrage disponible au local de l’association : 2 place du Colombier 92310 Sèvres

Prix : 20€
Auteur : Lucile HUBSCHMANN
Dépôt légal : 3e trimestre 2002, impression : Maury
ISBN 2-9518744-0-5
Dos carré collé : 224 pages

  

Les Seigneurs de Sèvres, 800 ans de Règne

Yves de Coninck, écrivain sévrien

Avocat en retraite, Yves de Coninck est passionné d’histoire.
Son ouvrage « Les Seigneurs de Sèvres, 800 ans de Règne » explore les lignages qui ont marqué l’histoire de la ville de Sèvres.

  • Résumé : Très peu d’écrits sont consacrés aux Seigneurs de Sèvres alors qu’ils ont régné 800 ans sur le village devenu ville ! À titre de comparaison, nos actuelles municipalités ont moins de 250 ans d’existence… Il importait donc de regrouper, dans ce petit ouvrage, ces 8 siècles de règne en insistant sur les rivalités entre les deux principaux seigneurs, qui ont duré plus de 350 ans. C’est l’objet du présent opuscule à savoir présenter les familles « (de) Livre (s) – (de) Longueil » et « Les Célestins de Paris » étant précisé que ce sont bien les premières familles qui furent les plus importants Seigneurs de Sèvres de 1408 à 1732. Avant le quinzième siècle, de nombreux petits Seigneurs ont régné sur Sèvres. À partir du milieu du dix-huitième siècle, seul le roi de France devient Seigneur de Sèvres et ce jusqu’à la révolution de 1789.
  • Lire un extrait : ICI
  • Où vous le procurer : à la FNAC, sur AMAZON et sur le site de l’éditeur Les Éditions du Net
  • Prix : 15€
  • Editeur : Les Éditions du Net – Date de parution : 22/08/2025
    EAN13 : 9782312154718 – Format : 150 x 230 – Poids : 89 g
    Nombre de pages : 52
  • A propos de l’auteur
    Né en 1961, Yves de Coninck s’inscrit dans une lignée familiale d’origine flamande qui remonte au célèbre Pieter de Coninck, figure de Bruges au Moyen Âge. Passionné par l’histoire et les racines culturelles, il a toujours cultivé un lien fort avec le patrimoine.
    Juriste de formation, il a débuté sa carrière en tant que professeur de droit et conseiller juridique au tournant des années 1990, contribuant activement aux réflexions sur l’évolution des professions d’avocat et de conseil. Titulaire d’un Master en Droit et d’un diplôme spécialisé en gestion des collectivités locales, il a exercé comme avocat avant de prendre sa retraite.
    Très engagé sur les questions environnementales, Yves suit de près l’actualité du droit de l’environnement et milite pour une approche qu’il qualifie de “véritable écologie”. Ses travaux juridiques incluent notamment une nouvelle édition des grands arrêts de ce domaine, attendue en 2026.
    Installé à Sèvres depuis une dizaine d’années, il poursuit son activité d’écriture. Les Seigneurs de Sèvres – 800 ans de Règnes, publié aux Éditions du Net, est son cinquième ouvrage. À travers ce livre, il met en lumière les lignages qui ont marqué l’histoire locale. Membre actif de la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres, il contribue ainsi à enrichir la mémoire collective de la ville. Ce travail personnel complète les recherches publiées par l’association dans la revue SAVARA.