Sortie du 14 avril 2026 dans le 8e : Jardins des Champs-Élysées avec Jacques Peretti

Nathalie Le Bras, le 11 mai 2026 – Rédactrice
Photos originales : Patrick Mesureur et Françoise Churlet
Ce reportage fait suite à la sortie culturelle réalisée le 14 avril avec Jacques Peretti, spécialiste des Jardins, adhérent de la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres.

Mardi 14 avril :
Une promenade, un après-midi ensoleillé, où la Nature dialogue avec l’Histoire dans les Jardins des Champs-Élysées.

22 participants : Danielle Bours, Eliane Canevet, Françoise Churler, Annie Dillies-Le Bras, Jacqueline Ferragu, Annick Force, Marie-Jeanne Gateau, Nicole Gouret, Jaime Hernandez, Françoise et Jean-Claude Lancelot, Marie-Christine Le Hinchet, Jeannine Lengré, Marie-José Malice, Mireille Martinet, Martine et Patrick Mesureur, Denise Pocheveux, Daniel Prodon, Françoise et Michel Rastello, Brigitte Thoury.
Guide : Jacques Peretti
Accompagnant : Daniel Prodon
Organisatrice : Nathalie Le Bras

Une histoire qui débute au XVIIe siècle

L’origine des jardins des Champs-Élysées est étroitement liée à celle de l’avenue.
Décidé en 1667 par Louis XIV, un chemin est  tracé pour mener au château de Saint-Germain en Laye dans l’axe de l’allée centrale du jardin des Tuileries.  André Le Nôtre (1613-1700), jardinier du Roi, plante de part et d’autre de cette avenue des « Tuilleries », des ormes en alignement. Par la suite, sur 3 siècles, l’avenue se prolonge et devient les Champs Elysées et la partie des plantations proche de la place de la Concorde se transforme en jardins.

C’est essentiellement au XIXe siècle puis pour l’exposition universelle de 1900 que les jardins sont aménagés. 

La configuration générale et actuelle des jardins des Champs-Élysées a été pour l’essentiel réalisée sous le Second Empire (1848-1870) lors des grandes opérations d’urbanisme dirigées par le Baron Haussmann (1809-1891). A partir de 1859, ils sont aménagés sous la direction d’Adolphe Alphand (1817-1891), chef du Service municipal des promenades et plantations, par le jardinier-paysagiste, Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), et l’architecte Gabriel Davioud (1824-1881).

Par la suite, et jusqu’à nos jours, au gré de son histoire et des expositions universelles qui y ont pris place, les jardins ont été remodelés partiellement, des monuments construits et remplacés, des sculptures et fontaines installées, et des carrés renommés.
12 jardins en un seul
La partie située au nord de l’avenue des Champs-Elysées est composée du carré Marigny, du carré de L’Elysée et du jardin Line Renaud. Celle située au sud se compose, gravitant autour du Grand Palais, des carré du Théâtre du Rond-Point, square de Berlin-Willy Brandt, jardin de la Nouvelle France,  jardin Jean Perrin, carré des Fêtes, et autour du Petit Palais, des carré du Battoir, jardin de Kyiv, au peuple ukrainien, jardin Charles Aznavour et jardin de Paris.
Depuis un ordinateur, cliquez sur l’image du plan pour la voir en grand.

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Reportage-photos

Le Carré Marigny

L’histoire de ce carré est étroitement liée à celles des carrés de l’Élysée et des Ambassadeurs qui forment tous les trois la partie nord des jardins des Champs-Élysées. Il a été initialement créé en 1835 par Jacques Hittorff (1792-1867). L’intervention en 1859 d’Adolphe Alphand (1817-1891), chef du Service municipal des promenades et plantations est à l’origine de son aménagement paysager, dit haussmannien, typique du Second Empire. Les pelouses jouant avec les larges allées courbes, les vallonnements et les parterres de fleurs, magnifient les constructions historiques : la fontaine des Quatre Saisons sculptée par Jean-Auguste Barre (1839), le théâtre Marigny réalisé par l’architecte Charles Garnier (1883) et le restaurant Laurent (ancien café du Cirque) construit par Jacques Hittorff (1842). Le Cirque d’Été également appelé Cirque de l’Impératrice construit par Hittorff en 1841 a occupé la partie ouest du carré jusqu’en 1900.
Le nom de ce jardin rend hommage au marquis de Marigny, Abel Poisson de Vandières (1727-1781). Surintendant des bâtiments du roi, il a replanté en 1765 les jardins et créé l’avenue de Marigny (vers 1767). Il a également supervisé l’aménagement de la place Louis XV (1763), actuelle place de la Concorde.

  
Pour information, le plus grand cèdre se situe à l’arrière du Théâtre Marigny et à côté de la Fontaine des Quatre Saisons. Planté en 1854, ce cèdre à encens mesure plus de 20 mètres de haut. Il est classé parmi les arbres remarquables de France. Les cèdres à encens, originaires de l’Ouest des Etats-Unis, ont été implantés en Europe au cours du XIXe siècle. Leurs feuillages est proche de celui des thuyas.


Oranger du Mexique ou Choisya ternata est une espèce de buisson aromatique à feuillage persistant de la famille des Rutaceae, originaire d’Amérique du Nord depuis le sud-ouest des États-Unis (Arizona, Nouveau-Mexique, Texas) jusqu’à la majeure partie du Mexique. Le nom d’oranger du Mexique provient de la ressemblance de ses fleurs avec celles de l’oranger, à la fois par la forme et par le parfum. Son introduction en Europe eut lieu vers 1825 grâce au botaniste Aimé Bonpland qui le découvrit au Mexique vers 1804 à la fin de l’expédition entreprise avec le baron prussien Alexandre de Humboldt en Amérique latine qui dura cinq années. Un autre spécimen a été découvert en 1866 dans les montagnes mexicaines par M. Hann, collecteur botaniste de la Commission scientifique française.

 
L’arbre de Judée ou Gainier silicastre, appelé arbre de Jérusalem (Cercis siliqiastrum) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae (légumineuses). C’est un arbre originaire du sud de l’Europe et de l’ouest de l’Asie. Son feuillage est caduc. Selon une légende, c’est à cet arbre que Judas se serait pendu après avoir trahi Jésus-Christ. Après que Judas s’y soit pendu, l’arbre se serait mis à fleurir, sa floraison se faisant autour de Pâques ; les fidèles y virent un signe miraculeux…
L’arbre hermaphrodite peut mesurer jusqu’à dix mètres de haut. Son écorce est d’abord grise puis vire au noir. Son port est tortueux avec une cime aplatie. Ramifié dès la base. Les bourgeons pointus et groupés s’écartent du rameau lorsqu’ils vont donner des fleurs.
Les feuilles, sont rondes, cordiformes à la base, glabres et lisses. La face supérieure est vert pâle et mate, et la face inférieure glauque. La feuille a un long pétiole.
Les fleurs rose pourpre vif apparaissent en avril-mai avant les feuilles. Elles sont sessiles en faisceaux groupés sur les rameaux et même sur le tronc.
Le fruit est une gousse aplatie, fruit caractéristique des légumineuses. Cette gousse contient une dizaine de graines à dissémination barochore très appréciées notamment par la mésange bleue et la mésange charbonnière.

  
Le Mahonia ou Berberis aquifolium est un arbuste semi-persistant originaire du nord-ouest des États-Unis (Californie, Oregon) et de Colombie-Britannique, mais il est depuis longtemps implanté en Europe occidentale. Emblème de l’État d’Oregon, il est également appelé « vigne de l’Orégon » en anglais Oregon-grape, car les premiers colons faisaient une sorte de « vin » avec ses baies. Cet arbuste est fréquemment planté dans les parcs et les jardins pour sa facilité d’entretien (supporte la sécheresse et les sols pauvres ainsi que des températures allant jusqu’à -20°C), son feuillage vert vif devenant rouge en automne, ainsi que pour ses fleurs parfumées (plante mellifère) et ses fruits. Ses baies bleu sombre qui mûrissent en juin–juillet sont appréciées des oiseaux et font, après cuisson, de délicieuses gelées (très acidulées !) ou sirops.

     
La fontaine des Quatre Saisons ou du Cirque a été réalisée par le sculpteur Jean-Auguste Barre (1811-1896) et à l’architecte de la place de la Concorde, Jacques Hittorff (1792-1867). Elle est en outre signée en 1860 de Louis Oudry qui pratiquait la galvanoplastie et le cuivrage (ou bronzage). Comme pour les autres fontaines de ces jardins, la base, ornée de coquilles, porte la marque de l’architecte Jacques Hittorff et du fondeur Christophe François Calla (1762-1836) ; la vasque, supportée par des dauphins, est ornée de mascarons pourvus de jets. La partie supérieure est composée d’un groupe de quatre enfants portant les ornements symboliques des quatre saisons et supportant une vasque plus petite.
 
Le Théâtre Marigny est un panorama* construit en 1881 par l’architecte Charles Garnier (1825-1898), transformé en théâtre en 1893 (« Les Folies Marigny ») par l’architecte Édouard-Jean Niermans (1859-2928), créant une salle de 1 200 places. Il est modifié en 1925 sous l’égide du nouveau concessionnaire Léon Volterra (1888-1949), homme de spectacle français, producteur et directeur de salles de spectacles : l’exubérante ornementation de Niermans est supprimée et seule la forme de l’édifice d’origine, un dodécagone de 32 mètres de diamètre, est conservée. L’architecte Alvaro de Grimaldi réalise alors la salle actuelle avec un décor Art Déco antiquisant de tendance néo-pompéienne. Une nouvelle salle a été aménagée dans le foyer en 1980.

  • panorama* : grand bâtiment circulaire conçu pour présenter une immense peinture à 360°, installée sur les murs intérieurs
  • Gravure : Le carré Marigny en 1855 (avec le cirque de l’Impératrice, le palais de l’Industrie et la salle Lacaze). Galimard. ISBN 9782070747757. Credit: M. Chapuis.

Bien avant le théâtre, en 1835, les Parisiens se bousculaient déjà pour se rendre au carré de Marigny. Un prestidigitateur y expérimentait ses attractions et le cirque d’été ouvrait ses portes. Le compositeur Jacques Offenbach le choisit à l’occasion de l’exposition universelle de 1855. Il le reprend et y fait quelques travaux avant d’ouvrir le Théâtre des Bouffes-Parisiens. Il est rebaptisé Bouffes d’été car, pendant le restant de l’année, la troupe se délocalise rue Monsigny, aux Bouffes d’hiver, un espace également dirigé par Offenbach. Au terme de son bail en 1859, la structure est cédée et devient le théâtre Debureau, puis en 1865, les Folies Marigny. Elle est finalement démolie en 1881 et l’architecte Charles Garnier – connu pour l’Opéra et le Palais Garnier – y fait aménager un panorama. À partir de cet ensemble, Édouard Niermans, en 1894, donne un nouvel élan culturel au site en y édifiant à nouveau un théâtre à la forme circulaire que l’on connaît. Aujourd’hui, le théâtre est dirigé par Michel Lumbroso, succédant à :

  • 1913-1924 : Abel Paul Marie Benjamin Boularan dit Abel Deval, acteur et directeur de théâtre.
  • 1925-1944 : Léon Volterra, homme de spectacle, producteur et directeur de salles de spectacles.
  • 1946-1965 : Simone Volterra, épouse de Léon Volterra. Elle fait appel à des anciens membres de la Comédie-Française pour constituer autour de Jean-Louis Barrault : la compagnie Renaud-Barrault. En 1954, Barrault aménage dans le théâtre une seconde petite salle, le Petit-Marigny.
  • 1966–1978 : Elvire Popesco, comédienne roumaine et française et directrice de théâtre, assistée de Hubert de Malet et Robert Manuel.
  • 1978–1980 : Jean Bodson, directeur de théâtre.
  • 1980–2000 : Christiane Porquerel, assistée de Jean-Jacques Bricaire.
  • 2000–2008 : Robert Hossein, réalisateur, acteur, scénariste, dialoguiste, metteur en scène et directeur de Théâtre.
  • 2008–2013 : Pierre Lescure, homme de radio, de télévision et de cinéma, homme d’affaires, et directeur de Théâtre.
  • 2018–2022 : Jean-Luc Choplin, producteur et directeur de théâtre.
  • 2022–2025 : Richard Caillat, homme d’affaires, producteur de spectacles et directeur de Théâtre.

Le Carré de l’Élysée

Le nom de carré de l’Élysée apparaît sur les plans de 1830-1850. Il est parfois intégré au carré voisin des Ambassadeurs. Tous deux ont été créés en 1835 par l’architecte Jacques Hittorff (1792-1867). Ils sont réaménagés à partir de 1859 par Adolphe Alphand (1817-1891), chef du Service municipal des promenades et plantations, par le jardinier-paysagiste, Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), et l’architecte Gabriel Davioud (1824-1881).
Typiques des jardins dits haussmanniens, mis en place sous le Second Empire, ils associent des allées courbes, des pelouses vallonnées et des parterres de fleurs.  Situé au cœur du jardin, le pavillon actuel de l’Élysée construit par Albert Ballu (1849-1939) date de 1899.  À la fontaine de la Grille au coq (1840) de Jacques Hittorff, s’ajoutent les sculptures représentant Alphonse Daudet (1901) de René de Saint-Marceaux, et Georges Pompidou (1984) de Louis Derbré, puis le monument à Jean Moulin (1984) de Georges Jeanclos.
Le carré de l’Élysée est situé sur une partie des anciens jardins de l’hôtel particulier d’Évreux, actuel palais de l’Élysée, siège de la présidence de la République française.

  
  
Monument à la mémoire de Jean Moulin, fondateur et président du Conseil national de la Résistance, réalisé en 1984 par le sculpteur Georges Jeanclos (1933-1997).
Les cinq bronzes qui le composent illustrent : Les Larmes, Le Murmure de la Résistance, L’emprisonnement muet, La disparition et La Renaissance.
Pour information, dans les années 1970, Georges Jeanclos, réalise la série des Dormeurs et les propose à la Manufacture nationale de Sèvres qui les traduit alors en biscuits de porcelaine. C’est quelque temps plus tard, en 1982, qu’il fonde l’atelier de recherches et de créations de Sèvres.


La grille dite « du Coq » a été dessinée à la fin du XIXe siècle par Adrien Chancel. Porte discrète depuis l’avenue Gabriel vers les deux hectares du parc, elle permet certaines visites et aux Présidents d’aller ranimer la flamme du soldat inconnu. Elle est ornée d’un coq gaulois.

Pour information : 

  • En latin, « gallus » signifie à la fois « coq » et « gaulois ». Il apparaît dès l’antiquité comme symbole de la Gaule, sur des monnaies notamment. L’emblème du coq sera utilisé sous la Révolution, mais Napoléon lui préférera l’Abeille. C’est sous les II° et III° Républiques qu’il représentera officiellement la France dans tous ses symboles. Remplacé par « Marianne », le coq gaulois n’est plus aujourd’hui que le représentant du sport français. Mais il domine toujours la grille donnant accès aux jardins du Palais de l’Elysée.
  • L’hôtel a été construit en 1718 à 1722 par l’architecte Armand-Claude Mollet pour Henri-Louis de la Tour d’Auvergne, le comte d’Évreux. En 1752 la marquise de Pompadour l’acheta suite au décès du comte d’Evreux. A sa mort, la marquise légua la résidence à Louis XV, après de nombreux changements de propriétaires. En 1816, l’Élysée entra définitivement dans les biens de la Couronne et Louis XVIII l’attribua à son neveu. En 1820, Louis-Philippe prit possession du Palais. Le 12 décembre 1848, l’Assemblée nationale assignait par décret l’ « Elysée National » comme Résidence du Président de la République. Le maréchal Mac Mahon élu en 1873 Président de la République, s’installa définitivement à l’Élysée à partir de septembre 1874. Le Palais de l’Élysée sera désormais la résidence officielle de tous les présidents de la République. Fermé du 13 juin 1940 jusqu’en 1946, le Palais retrouvera sa fonction présidentielle avec Vincent Auriol.
    Pour en savoir plus sur l’Histoire du Palais de l’Élysée, lire l’article de Benoît Grossin pour Radio France : ici
    et encore le dossier de l’Élysée à l’occasion de l’exposition « 300 ans d’histoire élyséenne » : ici
    Pour découvrir l’intérieur, c’est par ici

 
Le pavillon Élysée a été construit au XIXe siècle pour l’Exposition universelle de 1900.
À l’extérieur, le sculpteur Jules Coutan (1848-1939) réalise les deux figures de pierre habillant les rampants de la façade Marigny. Le sculpteur Jules Blanchard (1832-1916) réalise quant à lui l’amour en fonte doré qui couronne le dôme de la tourelle. À l’intérieur, l’écrin de staff entourant la peinture du plafond de la pièce principale du rez-de-chaussée a été réalisé par Jean-Baptiste Hugues (1849-1930) grand prix de Rome en sculpture en 1875.
De 1857 à 1895, les lieux sont occupés par un modeste établissement vendant pâtisseries et rafraichissements où se succèdent différents locataires. Louis Auguste Paillard, qui possède déjà les célèbres restaurants Maire et Bignon, l’acquiert en 1895. En vue de l’exposition universelle de 1900[2], il le fait remplacer par un pavillon de style néo-Louis XV dont la construction est confiée à l’architecte Albert Ballu. Les travaux commencent en 1898 et se terminent en 1899.
À partir de 1907 se succèdent différents propriétaires : Gros et Charrier, les Langer, Gros et Couvert, puis en 1984, la société Lenôtre reprend la gestion du site par l’intermédiaire de sa société dédiée, la Société nouvelle du Pavillon de l’Élysée.


Monument en mémoire à l’écrivain Alphonse Daudet (1840-1897) réalisé en 1901 par le sculpteur et médailleur français René de Saint-Marceaux (1845-1915)

 
Au détour des sculptures, arrêt sur un magnifique marronnier rose (Aesculus ×carnea ou Aesculus ×rubicunda).  Le premier exemplaire connu en Europe a fleuri en 1815 au Jardin des Plantes à Paris ; il était né de graines semées par Ferdinand Noël, qui les avait reçues de François André Michaux , en 1812. Son feuillage est plus sombre, un peu lustré et comme gaufré, plus petit, plus ferme que celui de l’hippocastanum, et il résiste mieux à la sécheresse.

 
Statue de Georges Pompidou (1911-1974) de 3.80 m, en bronze patiné, réalisée en 1983-1984 par le sculpteur Louis Derbré (1925-2011).

 
Le Genêt de Porlok est arbuste hybride de genêt, obtenu par croisement entre Genista monspessulana et Genista ×spachiana. Il est originaire de Grande-Bretagne et a été introduit en France au début du XXe siècle. Le Genista ‘Porlock est un arbuste à la floraison jaune vif, abondante et précoce, considéré par les jardiniers, comme un incontournable du printemps. Son port dressé et bien ramifié, en fait un arbuste de premier plan. Vigoureux et rustique jusqu’à – 10ºC, c’est une plante qui aime les expositions ensoleillées et la chaleur. Le Genista ‘Porlock tolère les sécheresses temporaires et les embruns. Il se plaît dans un emplacement en plein soleil, en sol normal à pauvre et calcaire, mais bien drainé.
• Son fin feuillage vert foncé est semi-persistant, composé de 3 petites feuilles qui restent partiellement sur la plante en hiver. Ses tiges duveteuses sont striées de vert.
• Très florifère, il se couvre en avril-mai de grappes de fleurs jaunes très parfumées. La floraison se renouvelle souvent en automne si le climat est doux, et ses fleurs attirent les pollinisateurs.

Le Carré des Ambassadeurs ou Le jardin de Line Renaud

Initialement créé en 1835 par Jacques Hittorff (1792-1867), le carré des Ambassadeurs en forme l’une des parties nord. Il offre un aménagement paysager typique du Second Empire depuis l’intervention en 1859 d’Adolphe Alphand (1817-1891), chef du Service municipal des promenades et plantations. S’inspirant des jardins à l’anglaise, des allées courbes dessinent des pelouses vallonnées et aux parterres de fleurs répondent des arbres au port spectaculaire. Ils forment un écrin au pavillon Gabriel, édifié par Jacques Hittorff (1841), et au théâtre de la Concorde (ex des Ambassadeurs puis Espace Cardin), de Georges Wybo (1931). La fontaine dite des Ambassadeurs (1840) – où trône Vénus sculptée par Francisque Duret – rappelle par son nom que l’hôtel des Ambassadeurs édifié au XVIIIe siècle par l’architecte Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) était situé en bordure de la place de la Concorde.
En 2023, ce jardin prend le nom de l’actrice et chanteuse Line Renaud. De la chanson au cinéma en passant par la télévision, le théâtre et le music-hall, elle fit rayonner la culture française de par le monde. Citoyenne, elle s’engagea dès la première heure dans la lutte contre le sida et en faveur de la recherche médicale.

  
La fontaine des Ambassadeurs a été réalisée en 1840 par le sculpteur Francisque Duret (1804-1865), prix de Rome en 1823, à la demande de Jacques Hittorff. Elle est ornée de la statue de Vénus. Des proportions et des formes de la fontaine reflètent parfaitement les œuvres réalisées durant la Restauration et la monarchie de Juillet. Le nom de la fontaine provient d’un café situé dans le Faubourg Saint-Honoré au XVIIIe siècle appelé Café des Ambassadeurs. Le bassin circulaire de la fontaine, le piédestal avec une décoration en forme de coquillages et la vasque soutenue par les dauphines ornées de feuilles de palmiers et les têtes de lions crachant de l’eau, sont identiques aux trois autres fontaines installées dans les jardins des Champs-Élysées par Jacques Hittorff :

Seules les parties supérieures divergent. Dans la partie haute de la fontaine des Ambassadeurs domine la statue de Vénus tressant ses cheveux, enveloppée dans un drapée, debout au milieu des roseaux d’où l’eau jaillit. L’eau s’écoule ensuite de la grande vasque en pierre qui fut posée sur un piédestal de bronze octogonal décoré de quatre dauphins et de feuilles. L’eau sort de douze mascarons à l’effigie de têtes de lions, ornés par des oves, entrelacs et des feuillages, qui viennent compléter les têtes de lions. L’eau jaillit tranquillement, par un jet fin retombant dans le grand bassin.

En arrière plan, le théâtre de la Concordeancien café des Ambassadeursthéâtre des Ambassadeurs puis espace Pierre-Cardin.
La construction du café des Ambassadeurs est autorisée en 1772 par l’abbé Terray, contrôleur général des finances, sur un terre-plein des Champs-Élysées en bordure de la place de la Concorde (alors place Louis XV). Il doit son nom aux hôtels particuliers voisins édifiés par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et qui étaient censés servir de logements à des ambassadeurs étrangers. En 1792, à la chute de la monarchie, le terrain devient propriété de la Ville de Paris, puis revient à la Restauration dans le domaine royal, avant que Charles X ne le cède définitivement à la ville en 1828. Son exploitation fait l’objet d’un bail qui a perduré jusqu’à nos jours.

Le jardin Charles Aznavour

L’aménagement des jardins conçu en 1835 par Jacques Hittorff (1792-1867) comprenait dans sa partie sud le grand carré des Fêtes et le carré Ledoyen. Ce dernier reprend le nom du restaurant loué par le citoyen Doyen dès 1800. Le pavillon Ledoyen actuel (1842) construit par Jacques Hittorff dans un style néoclassique, et la fontaine de Diane (1840) de Louis Desprez (1799-1870) sont intégrés au projet de réaménagement paysager réalisé en 1859 par Adolphe Alphand (1817-1891), chef du Service municipal des promenades et plantations. Il est typique des jardins dits haussmanniens, mis en place sous le Second Empire, qui associent des allées courbes, des pelouses légèrement vallonnées et des parterres de fleurs. La sculpture Salon d’Alson Saar y est installée à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Héritage des Jeux, la sculpture olympique installée – Ville de Paris
Depuis 2024, ce jardin rend hommage à Charles Aznavour (1924-2018), chanteur, comédien et citoyen engagé. Véritable ambassadeur de la chanson française, il a engagé sa notoriété dans des missions humanitaires notamment pour la cause arménienne, pays que sa famille a fui à cause du génocide.
Le jardin est doté d’un kiosque à musique. La mode est apparue en France au 18ème siècle. Le mot vient d’un mot arabo-persan, « kiouch », il désignait un pavillon de style oriental purement décoratif, qui n’avait alors aucun lien avec la musique. C’est le café Turc, ouvert en 1781 boulevard du Temple, qui aurait eu le premier l’idée d’utiliser ces constructions pour qu’un orchestre puisse y jouer à l’abri du soleil et de la pluie.

  
La fontaine de Diane a été réalisée en 1840 par le sculpteur Louis Desprez (1799-1870) ; elle se situe côté Concorde, près du restaurant Ledoyen.
Composée d’un piètement, elle supporte une vasque surmontée d’une statue de Diane chasseresse relevant sa robe. Comme pour les autres fontaines de ces jardins, la base, ornée de coquilles, porte la marque de l’architecte et du fondeur et la vasque, supportée par des dauphins, ornées de mascarons pourvus de jets.

Le jardin de Paris

Les jardins des Champs-Élysées constituaient depuis la fin du XVIIIe siècle un grand ensemble arboré et aménagé en carrés reliés par des allées dédiées à la promenade. Ils s’offraient aussi à de multiples loisirs : terrains de jeux de balles, fêtes officielles prestigieuses ou populaires, bals et feux d’artifice. À partir de 1835, cafés et restaurants, panoramas et théâtres, cirques et palais des glaces s’implantent sur l’ensemble des jardins. Certains ont disparu – tels le Cirque d’Été (1841-1900) et le pavillon de l’Horloge (1841-1914) –, ou changé d’affectation – la rotonde du Panorama (1859) devenue le théâtre du Rond-Point (1981). D’autres ont perduré jusqu’à nos jours : les restaurants Ledoyen (1842) et Laurent (1842), et le Théâtre Marigny (1883). S’y ajoutaient toutes les activités éphémères proposées aux promeneurs : jeux de bague, de boules, de bascules, balançoires, marionnettes, voitures à chèvres, petits cafés et échoppes à bières et vins… Le jardin est réaménagé en 2019 pour accueillir le Bouquet of Tulips de Jeff Koons.
Le Jardin de Paris est le nom du café-concert qui a occupé différents emplacements dans les jardins des Champs-Élysées. Il proposait bals et spectacles très prisés de la fin du XIXe jusqu’au début du XXe siècle.

 
Le Bouquet of Tulips de Jeff Koons a été inaugurée le 4 octobre 2019 par Anne Hidalgo, en présence de l’artiste Jeff Koons, de Jane Hartley, ambassadrice des États-Unis d’Amérique en France de 2014 à 2017 et de Jamie McCourt, ambassadrice en France.
Elle a été réalisée par l’artiste en hommage aux victimes de l’ensemble des attentats terroristes de 2015 et 2016 et symbolise aussi le don d’amitié et de soutien entre la France et les États-Unis. 
Imaginée par l’artiste comme un « symbole de souvenir, d’optimisme et de rétablissement », Bouquet of Tulips symbolise l’acte d’offrir, représenté par la main tendue brandissant un bouquet de fleurs colorées. Elle évoque la main de la statue de la Liberté brandissant la torche, tout en dialoguant avec la Femme au vase de Pablo Picasso. Les fleurs sont ici comme universellement liées à l’optimisme, à la renaissance, à la vitalité de la nature et au cycle de vie. Elle symbolise la vie qui continue. Pour représenter la perte qui a affecté les victimes et leurs familles, le bouquet se compose de seulement onze fleurs ; la douzième manquante représentera toujours la perte causée par ces attentats.
L’œuvre faite de bronze, acier et aluminium polychromes, représente une main réaliste tenant un bouquet de onze « tulipes » multicolores. Elle mesure 12,62 mètres de haut pour 8,35 mètres de large et pèse 34 tonnes (60 avec le socle).

En arrière plan, Le Petit Palais construit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 par l’architecte Charles Girault (1851-1932).

Le jardin de Kyiv, anciennement jardin des Abords-du-Petit-Palais

Jules Vacherot (1862-1925), jardinier en chef de l’Exposition universelle de 1900, a aménagé l’ensemble des jardins situés aux abords des Petit et Grand PalaisL’entrée du Petit Palais édifié par l’architecte Charles Girault (1851-1932), aujourd’hui musée des Beaux-Arts de la ville de Paris, est, dès l’origine, encadrée par des parterres « à la française ». Ils permettent une vue dégagée sur sa façade depuis la nouvelle avenue Alexandre III, renommée en 1966 Winston Churchill.  Côté sud, le jardin aménagé dans un style « paysager » est ombragé par de grands arbres remarquables, comme les platanes, les cèdres et les séquoias géants. La statue de Winston Churchill (1874-1965) réalisée par Jean Cardot (1930-2020) a été inaugurée le 11 novembre 1998.
Le nom de Kyiv a été attribué à ce jardin par la Ville de Paris en 2022. Il rend hommage au courage des habitantes et habitants de la capitale ukrainienne, et à l’ensemble de la résistance opposée par le peuple ukrainien à l’invasion russe.

 
La statue de Winston Churchill : sculpture en bronze de Jean Cardot (1930-2020).
Cette statue a été modelée à la fonderie Coubertin dans la vallée de la Chevreuse. Elle est inaugurée en 1998 en présence de la reine d’Angleterre Elizabeth II ainsi que du président de la République française, Jacques Chirac. Lors de cette journée du 11 novembre 1998 était célébré le 80e anniversaire de l’armistice de 1918, ayant permis la fin de la Première Guerre mondiale.

  
Fontaine aux roseaux
Les bassins sont au nombre de quatre situés de part et d’autre du Petit et du Grand Palais, sur l’avenue Winston Churchill. Ornés de gerbes de roseaux en fonte pourvues de nombreux jets, ils ont été construits lors de l’aménagement des Champs Élysées pour l’Exposition universelle de 1900, au nombre de six à l’origine. Les deux autres bassins ont vu leurs gerbes remplacées par les vasques aux dauphins venant de la place de la République en 2013-14.

Le Petit Palais construit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 par l’architecte Charles Girault (1851-1932). Il abrite aujourd’hui le musée des Beaux-Arts de la ville de Paris.  Il est situé avenue Winston-Churchill, face au Grand Palais et bordé par la Seine et l’avenue des Champs-Élysées. Il est érigé en partie à la place du palais de l’Industrie, démoli en 1896. Le bâtiment est inscrit aux monuments historiques en 1975.

Le Petit Palais est organisé autour d’un jardin semi-circulaire. Les lieux d’exposition sont situés au premier étage, le rez-de-chaussée étant consacré à l’origine aux bureaux et aux réserves.

Plan du Petit Palais lors de l’Exposition universelle de 1900.

La façade fait près de 125 m de long, centrée par un porche monumental surmonté d’un dôme. Des colonnes d’ordre composite en ornent la face principale. Le péristyle en hémicycle de la cour est orné de colonnes de style toscan. Le décor est complété par de nombreux bas-reliefs. Charles Girault avait conçu des espaces uniquement éclairés par la lumière naturelle, créant verrières, coupoles transparentes et larges baies.
Les sculptures sur la façade sont :

  • La Ville de Paris protégeant les Arts du sculpteur Jean-Antoine Injalbert avec une femme assise tenant dans son bras gauche un navire symbolisant Paris et entourée par les Muses ;
  • sur la droite, un groupe avec La Seine et ses affluents de Maurice Ferrary
  • sur la gauche, le groupe Les Quatre Saisons de Louis Convers avec des jeunes femmes portant des gerbes de blé et des fruits.

Le carré du Battoir

Le nom de ce jardin rappelle que le « grand » carré du Battoir recouvrait la plus grande partie des jardins situés au sud de l’avenue des Champs-Élysées au XVIIIe siècle. Il offrait au milieu des arbres plantés en quinconce un vaste espace découvert accueillant des jeux de balles. Ce terrain dégagé disparaît lors de la construction du Palais de l’Industrie pour l’Exposition universelle de 1855. L’entrée de cette grande galerie de 108 m de long était encadrée par deux parterres « à la française », ornés de fontaines et de bassins en pierre, qui se retrouvent aujourd’hui séparés par l’avenue Winston Churchill. Les fontaines des Dauphins en bronze qui les animent depuis 2013 avaient été réalisées en premier lieu pour la place de la République en 1883. La statue de George Clemenceau réalisée par François Cogné (1876-1952) est inaugurée en 1932.
Le battoir était une raquette en bois plein et permettait de percuter une balle. Le jeu de Paume, très prisé en France se pratiquait avec la paume de la main ou bien avec ce battoir ou plus tard avec une raquette. Ce jeu est l’ancêtre du tennis actuel.

  
Statue de George Clémenceau. Oeuvre en bronze du sculpteur François Cogné (1876-1952), elle a été inaugurée en 1932 par le président Edouard Herriot, à l’angle de l’avenue Winston Churchill et de l’avenue des Champs-Élysées à côté du Petit Palais. Les évènements de la guerre de 1914-1918 lui amenèrent les surnoms de « Tigre » et « Père la Victoire ».
Anticlérical et athée, il prône la séparation des Églises et de l’État. Il s’oppose par ailleurs à la colonisation, faisant tomber le gouvernement Jules Ferry sur cette question.
En 1913, il fonde le journal L’Homme libre, qu’il rebaptise L’Homme enchaîné après avoir essuyé la censure ; fervent opposant à l’Empire allemand, il se montre en effet critique envers l’action des gouvernements français en place lors de la Première Guerre mondialeEn novembre 1917, il est de nouveau nommé président du Conseil et forme un gouvernement consacré à la poursuite de la guerre. Partisan farouche d’une victoire totale sur l’Empire allemand, il poursuit la guerre et se voit attribuer le surnom de « Père la Victoire » à l’issue du conflit. Il négocie ensuite à la conférence de la paix de Paris, où il affiche une forte hostilité envers l’Allemagne. Par la suite, en 1919, il fait promulguer la loi des huit heures et remporte les élections législatives à la tête du Bloc national, une coalition rassemblant la droite et le centre. Bien que très populaire dans l’opinion publique, il refuse de se présenter à l’élection présidentielle de janvier 1920 après avoir été mis en minorité lors du vote préparatoire du groupe républicain à l’Assemblée nationale. Il quitte alors la tête du gouvernement et se retire de la vie politique.

  
     
A l’angle des Champs-Élysées, de l’avenue Winston Churchill et de l’avenue du Général Eisenhower, face à la statue de George Clémenceau, est érigé le monument dédié au Général de Gaulle, emplacement à la mesure de l’homme qui libéra la France. A la suite d’un appel d’offre, quatre candidatures ont été sélectionnées. Celles des sculpteurs Jean Cardot, William Chattaway, Philippe Garel et Louis Mitelberg, dit Tim. Le 7 septembre 1999 c’est celui de Jean Cardot (1930-2020) qui fut adopté par le Jury à la majorité.

• Statue du général de Gaulle – hauteur 4 mètres
• Terrasse en bronze – hauteur 16 centimètres
• Socle en pierre – hauteur 2 mètres

Appel d’offre : « à partir d’un grand nombre de photographies, les artistes sélectionnés devaient s’efforcer de traduire l’élan qui portait le général de Gaulle descendant les Champs-Élysées en ce jour du 26 août 1944, sa force, sa détermination, sa hauteur de vue mais aussi le sentiment de plénitude et de joie qui l’habitait et le faisait rayonner parmi ses compagnons et devant la foule en liesse. »

FIN