Archives Auteur : Nathalie Le Bras

À propos de Nathalie Le Bras

Elue au Conseil d’Administration et Secrétaire du Bureau en octobre 2025, je m’investis avec conviction pour faire vivre et rayonner les valeurs portées par notre association, la Société d’Archéologie et d'Histoire de Sèvres, ainsi que notre ville dont je suis résidente depuis janvier 1997. Mon objectif : offrir à l’association la visibilité qu’elle mérite, fidèle à son histoire depuis 1973 grâce à l’élan de lycéens passionnés de l'Histoire de Sèvres.

#2 – La petite minute d’Histoire : Sèvres, de 558 au XVIIIe siècle

Le 29 janvier 2026

Rédaction, recherches approfondies et iconographie : Nathalie Le-Bras
Premiers éléments historiques : Françoise Lancelot

Pour cette deuxième « Petite minute d’Histoire », nous vous proposons un voyage à travers plus de mille ans d’évolution sévrienne, depuis les premières habitations autour du rû Savara jusqu’à l’essor artistique du XVIIIe siècle. Un récit passionnant, rédigé à partir du SAVARA n°15 grâce au travail de Sylvaine et Jean-Marie Boisson.


?Numéro disponible au local de l’association : 10€


? Aux origines : le rû Savara et les premiers habitants

Sèvres s’est développée dans un vallon traversé par un ruisseau nommé Savara — aujourd’hui rû Marivel — qui donnera son nom à la ville.
Les premières habitations se situent entre l’actuel parc de Saint-Cloud et la butte du Brimborion. On y trouve alors des pêcheurs, meuniers, carriers et vignerons. La première mention écrite de Sèvres apparaît en 558 dans l’acte de fondation de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par Childebert.
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1- Childebert (497 Reims – 558 Paris), roi des Francs de Paris de 511 à 558 et roi d’Orléans de 524 à 558.  Il est le troisième des quatre fils que Clovis eut avec Clotilde.
Image source : 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Childebert_Ier
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Abbaye de Saint-Germain-des-Prés : Vue septentrionale de l’abbaye de Saint Germain-des-Prés – Dessin de Jean Chaufourier – Musée Carnavalet © RMN-GP / Agence Bulloz > https://sculpturesmedievales-cluny.fr/collection/saint-germain-des-pres.php
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Œuvre d’Eugène Galien-Laloue, peintre et graveur français (1854 Paris – 1951 Chérence)

? Un village médiéval structuré autour de son église
Dès 560, un village existe autour d’une église, détruite lors des invasions — notamment vikings, en 900.
Reconstruite, l’église actuelle dédiée à Saint-Romain conserve encore la base du clocher du XIIe siècle ainsi que des traverses du XIIIe siècle.
À la fin du XIIe siècle, un château fort est édifié face à l’église, à l’emplacement des actuelles rues Lecocq et rue Pierre Midrin.
Les seigneurs de Sèvres et leur famille De Longueil sont inhumés dans l’église jusqu’en 1646.
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1- Ruines du Château de Sèvres, aujourd’hui disparues – Dessin de Mariette Portet, 1960 – page 27 du Savara n°15
2- Eglise Saint-Romain – Carte postale issuedu site https://www.cartophilie-viroflay.org/article.php?id_article=222
3- Blason de la Famille De Longueil – Généalogie voir page 11 > http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Longueil.pdf + pages 38/39 du SAVARA n°15

? Sèvres et Versailles : un destin lié
Remontons au XVIIe siècle. Le roi Louis XIV fixe sa résidence à Versailles en 1682.
La cour, le gouvernement, les fournisseurs doivent se déplacer régulièrement entre Paris et le nouveau palais royal.
Il existe bien une route, rive gauche, et le pont de Saint-Cloud, rive droite, mais le chemin le plus court passe par Auteuil, la ferme de Billancourt et Sèvres.
Mais, voilà, il n’y a pas de pont à Sèvres. Pour traverser la Seine, il faut, à l’époque, emprunter un bac, ce qui ne sied guère à Sa Majesté.
Le roi ordonne donc la création du premier pont de Sèvres. Le choix du site est très naturel, il s’agit de passer entre le coteau de Meudon et le coteau de Saint-Cloud, en s’appuyant sur la pointe de l’île de Sèvres (qui ne s’appelle pas encore île Seguin). Le pont de Sèvres devient un point stratégique : on y débarque bois précieux, marbre et divers matériaux destinés au chantier royal.
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1- Le Pont de Sèvres en 1702. Image tirée du livre « La géométrie Pratique » de Manessont-Mallet – Page 34 du Savara n°15
2- 1731 Plan de Roussel – Billancourt et pont de Sèvres > https://levillagedebillancourt.fr/2022/12/19/le-vieux-pont-de-sevres-2/
3- Bacler d’Albe – Vue du vieux Pont de Sèvres-Vers 1820 – BNF
4- Plan du Sèvres médiéval, 1683-1684 : essai de reconstitution – Mariette Portet. – [S.l.] : [s.n], 1972. – 1 plan ; 46 x 57,6 cm | Extrait du procès-verbal d’Anthoine Euffroy :  » l’an mil six cens quatre vingts trois, le jeudy vingt huitième jour de febvrier… on a desja marqué plusieurs édifices et murailles qui doivent estre incessament abbatues par l’ordre de sa majesté… » > https://francearchives.gouv.fr/fr/facomponent/8be5ba3713f004b8db41f75f2dd00a64c4f8be31

?? Le XVIIIe siècle : un bourg transformé
En 1739, Louis XV, dit « Le Bien-aimé » (1710 – 1774) fait rénover le bourg :
  • alignement des maisons
  • pavage du chemin, appelé route des Pavés du Roy
  • création de la Voie Royale, future Grande Rue.

Le vin du roi arrive par bateau à Sèvres et transite par les Caves du Roi. 
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1- Louis XV en costume de sacre, huile sur toile de Louis-Michel van Loo (1762) > https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XV
2- Plan d’alignement de Sèvres (août 1837) – La rue est indiquée « Rue Royale » – page 98 du Savara n°15
3- Au sein des Caves du Roi, « Rue Royale 1744 »– photo Nathalie Le Bras 2025


? 1756 : l’arrivée de la Manufacture de porcelaine

La manufacture de porcelaine de Vincennes s’installe à Sèvres en 1756 sous l’impulsion de Madame de Pompadour (actuel Centre International d’études Pédagogiques).
Le bâtiment est situé au creux du vallon de Sèvres entre Paris et Versailles. Pour aller du Louvre à Versailles, il fallait traverser le bourg d’Auteuil jusqu’à la plaine de Boulogne, puis aller à la boucle de la Seine. Les voitures empruntaient le pont, passant ainsi l’île Dauphine. Du pont, on apercevait Brimborion et son portique de verdure qui se prolongeait vers Meudon. Au-delà des coteaux et terrasses se dressait le château de Bellevue, demeure de Mme de Pompadour. Donnant sur la ville de Sèvres, en contrebas du château, se trouvait la Verrerie puis la silhouette d’une demeure austère, la ferme de la Guyarde. Sise en bordure du chemin de Bellevue, le domaine de la Guyarde s’étendait jusqu’à la route de Versailles. Entre ces deux voies, les terres étaient constituées d’un petit vallon au fond duquel coulait un ruisselet, le rû de Marivel.

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1- Manufacture royale de porcelaine de Sèvres https://www.france-education-international.fr/sites/default/files/medias/flipping/le-ciep-et-son-histoire/4/
2- Portrait en pied de la Marquise de Pompadour– Quentin De La Tour (1752-1755) https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl020213445
3- Pot-pourri exotique et naturaliste, dit « Vase Hébert à cartels » en porcelaine tendre – 1757 de Jean-Claude Duplessis (1699-1774) – décor d’après Jean-Jacques Bachelier (1724-1806) > https://www.sevresciteceramique.fr/galerieshowroom/les-univers-de-sevres/product/vase-hebert-a-cartels.html

Nathalie Le Bras, rédactrice


? Repères historiques

Dates Événements à Sèvres
558 Première mention de Sèvres (acte de Childebert).
560 Village autour d’une église primitive.
900 Destructions lors des invasions (dont vikings).
XIIe siècle Reconstruction de l’église Saint-Romain ; clocher roman.
Fin XIIe siècle Construction du château fort.
1646 Derniers enterrements des seigneurs de Longueil dans l’église.
1682 Versailles devient résidence royale ; premier pont de Sèvres.
Règne de Louis XIV
XVIIe siècle
Le port de Sèvres approvisionne Versailles.
Règne de Louis XV
XVIIIe siècle
1739
Louis XV rénove le bourg et la Voie Royale.
1756 Installation de la Manufacture de porcelaine.
XVIIIe siècle
Essor des arts à Sèvres.

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Cathédrale Notre-Dame de Paris

Édifiée au cœur de l’île de la Cité, Notre-Dame de Paris est l’un des monuments les plus emblématiques du patrimoine français. Elle constitue un lieu de culte catholique et sert de siège à l’archidiocèse de Paris, dédié à la Vierge Marie.

Sa construction débute en 1163, sous l’impulsion de l’évêque Maurice de Sully, et s’étend sur près de deux siècles, jusqu’au milieu du XIVe siècle. Cette longue durée explique la présence de plusieurs phases du gothique : gothique primitif, gothique classique et gothique rayonnant. Les deux grandes rosaces du transept, réalisées au XIII? siècle, comptent parmi les plus vastes d’Europe.

Après les dégradations de la Révolution française, la cathédrale fait l’objet d’une vaste restauration entre 1845 et 1867, dirigée par Eugène Viollet-le-Duc. Cette intervention, parfois controversée, restitue l’unité stylistique de l’édifice tout en y intégrant des éléments nouveaux, dont la célèbre flèche du XIXe siècle. Ces ajouts expliquent que l’architecture ne soit pas totalement homogène, mêlant restauration, création et héritage médiéval.

Notre-Dame est intimement liée à l’histoire de France. Église paroissiale royale au Moyen Âge, elle accueille en 1239 l’arrivée de la Sainte Couronne, relique majeure de la Passion. Elle est le théâtre du sacre de Napoléon Ier en 1804, du baptême du duc de Bordeaux en 1821, et des funérailles nationales de plusieurs présidents de la République : Adolphe Thiers, Sadi Carnot, Paul Doumer, Georges Pompidou et François Mitterrand. En 1944, un Magnificat y est chanté pour célébrer la Libération de Paris. En 2013, la cathédrale fête le 850e anniversaire du début de sa construction.

L’édifice inspire de nombreuses œuvres artistiques, au premier rang desquelles le roman de Victor Hugo, Notre?Dame de Paris (1831), qui contribue largement à la prise de conscience patrimoniale ayant mené à la restauration du XIXe siècle. Au début du XXIe siècle, Notre-Dame accueille 13 à 14 millions de visiteurs par an, faisant d’elle le monument le plus visité d’Europe avant l’incendie de 2019. Son statut de basilique mineure souligne son importance spirituelle et liturgique.

Aujourd’hui, après l’incendie du 15 avril 2019, qui avait détruit la charpente médiévale, la flèche et une partie des voûtes, la cathédrale a retrouvé son éclat grâce à une restauration exceptionnelle menée entre 2019 et 2024. Rouverte au public en décembre 2024, elle accueille de nouveau fidèles et visiteurs, marquant une nouvelle étape dans l’histoire d’un monument qui, depuis près de neuf siècles, incarne la mémoire religieuse, artistique et nationale de la France.

Les éléments architecturaux majeurs de Notre-Dame de Paris

  1. La façade occidentale (vers 1200–1250) : Chef-d’œuvre du gothique classique, elle se distingue par son équilibre et sa lisibilité. Elle comprend :
  • Trois portails sculptés (Portail du Jugement, Portail de la Vierge, Portail Sainte-Anne), véritables « bibles de pierre ».
  • La Galerie des Rois, où 28 statues représentent les rois de Juda.
  • La grande rose occidentale, installée vers 1225, symbole de la lumière divine.
  • Les deux tours, hautes de 69 mètres, achevées au milieu du XIIIe siècle.
  1. Le plan basilical et la nef gothique (XIIe–XIIIe siècles)
    La nef, longue de 130 mètres, illustre le gothique primitif : élévation à quatre niveaux (grandes arcades, tribunes, triforium, fenêtres hautes) + voûtes sexpartites et piliers massifs soutenant la structure. Cet espace monumental était conçu pour accueillir les grandes cérémonies royales et populaires.
  2. Les rosaces du transept (XIIIe siècle).
    Parmi les plus grandes d’Europe, elles sont emblématiques du gothique rayonnant :
    Rosace nord (vers 1250), dédiée à l’Ancien Testament,
    Rosace sud (vers 1260), dédiée au Nouveau Testament.
    Chacune mesure plus de 13 mètres de diamètre et conserve une grande partie de son verre médiéval.
  3. Le chœur et le déambulatoire (XIIe–XIIIe siècles)
    Le chœur, l’une des premières parties construites, présente des voûtes gothiques élancées, un déambulatoire permettant la circulation autour du sanctuaire, des chapelles rayonnantes destinées aux reliques et aux offices privés. Il illustre la transition entre gothique primitif et gothique rayonnant.
  4. Les chapelles latérales (XIIIe–XIVe siècles)
    Ajoutées progressivement, elles témoignent de l’évolution du culte et de la vie paroissiale.
    Elles abritent des œuvres sculptées, des vitraux et des peintures allant du Moyen Âge au XIXe siècle.
  5. Les arcs-boutants (XIIIe siècle)
    Innovation majeure du gothique, les arcs-boutants de Notre-Dame sont parmi les plus anciens et les plus audacieux de leur époque.
    Ils permettent : d’élever les murs, d’agrandir les fenêtres, et d’inonder la nef de lumière. Ce sont eux qui donnent à la cathédrale son profil aérien.
  6. La flèche (1859, restituée en 2024)
    Créée par Viollet-le-Duc lors de la restauration du XIXe siècle, la flèche mesurait 96 mètres.
    Elle a été détruite lors de l’incendie de 2019, puis reconstruite à l’identique dans le cadre de la restauration achevée en 2024.
    Elle symbolise la verticalité et l’élan spirituel du monument.
  7. Le grand orgue (XIIIe–XXe siècles)
    L’un des plus grands instruments d’Europe, enrichi au fil des siècles.
    Il conserve des éléments médiévaux, des apports de Clicquot (XVIIIe siècle) et de Cavaillé-Coll (XIXe siècle).

Église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris

Située au cœur du Marais, l’église Saint-Gervais–Saint-Protais est l’une des plus anciennes paroisses de Paris, attestée dès le VIe siècle. Depuis 1975, les offices sont célébrés par les Fraternités monastiques de Jérusalem, qui rassemblent des moines et moniales qui vivent l’esprit de la solitude monastique au cœur des grandes villes.

Elle est bâtie sur les fondations du premier lieu de culte connu de la rive droite à Paris, une basilique fondée entre 387 et 576 à côté d’un cimetière gallo-romain sur le monceau Saint-Gervais, butte non inondable dans un territoire marécageux. Elle est également la plus ancienne paroisse en dehors de la première cathédrale de l’île de la Cité, datant probablement de la deuxième moitié du XIe siècle. L’église est mentionnée dans le testament d’Ermintrude (estimé fin VIe siècle) : baselicae Domni Gervasi, anolo aureo, nomen meu[m i]n se habentem scribtum (« basilique saint Gervais, avec un anneau d’or, et mon nom écrit dessus »).

Qui étaient Saint Gervais et Saint Protais ?

Gervais et Protais sont présentés par la tradition chrétienne comme des frères jumeaux, fils de Saint Vital et Sainte Valérie, une famille chrétienne de Milan. Ils auraient vécu sous l’empereur Néron ou sous Domitien (donc entre 54 et 96 après J.-C.) à une époque où les persécutions contre les chrétiens étaient fréquentes. Selon les récits anciens, Gervais aurait été flagellé à mort,

Protais aurait été décapité pour avoir refusé de renier leur foi. Leur martyre aurait eu lieu à Milan, ce qui explique que leur culte se soit d’abord développé en Italie du Nord.
Un événement important explique leur immense popularité en Occident : En 386, Saint Ambroise, évêque de Milan, affirme avoir découvert leurs reliques après une vision. Cette découverte provoque un grand retentissement dans la chrétienté.
Dès le VIe siècle, les paroisses sont souvent dédiées à des martyrs très populaires dans la chrétienté occidentale. Le culte de Gervais et Protais, diffusé depuis Milan, arrive très tôt en Gaule, probablement via les évêques et les monastères. Au Moyen Âge, le quartier autour de l’église est habité par des charpentiers, des menuisiers, des artisans du bois. Or Gervais et Protais étaient parfois considérés comme protecteurs des artisans, ce qui a renforcé leur ancrage local.

L’Église actuelle

L’église Saint-Gervais–Saint-Protais présente une architecture composite, résultat de plusieurs campagnes de construction menées entre le XIIIe et le XVIIe siècle. L’intérieur conserve une structure gothique héritée des travaux réalisés du XIVe au XVIe siècle, avec sa nef élancée et ses chapelles médiévales. À l’extérieur, la façade occidentale, commencée en 1616 par l’architecte Salomon de Brosse (auteur du Palais du Luxembourg), est considérée comme la première façade classique de Paris, annonçant l’esthétique du XVII? siècle.

L’édifice a ensuite fait l’objet de nombreuses restaurations, notamment sous la direction de Baltard entre 1827 et 1844, puis entre 1863 et 1869, avec la réfection des chapelles et des vitraux. D’autres campagnes ont suivi au XXe et XXIe siècles (1957, années 2000, 2013 et 2022), permettant de préserver, consolider et mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel.

Classée au titre des Monuments historiques en 1862, elle est également liée à l’histoire musicale française : depuis 1653, elle abrite la tribune des orgues Clicquot, l’un des instruments les plus prestigieux d’Europe, restauré au XVIIIe siècle et associé à la dynastie des Couperin, organistes titulaires pendant plus de deux siècles (1653–1826).

L’église a aussi été marquée par un événement tragique : le 29 mars 1918, un obus tiré par la «Grosse Bertha» frappe la nef pendant l’office du Vendredi saint, faisant 91 morts et plus de 100 blessés. Cet épisode en fait un lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale.

Aujourd’hui, Saint-Gervais–Saint-Protais demeure un lieu de prière, de musique et de patrimoine. Sa visite permet de découvrir un ensemble architectural unique, mêlant gothique flamboyant, classicisme naissant et histoire spirituelle et artistique de la capitale.

Les éléments architecturaux majeurs de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris

  1. La façade occidentale (1616, Salomon de Brosse) : La façade, commencée en 1616 par Salomon de Brosse, est considérée comme l’une des premières grandes façades classiques de Paris. Elle se distingue par son organisation en trois niveaux superposés, inspirés de l’architecture antique, et par son élégance monumentale qui contraste avec la structure gothique de l’église.
  1. La nef gothique (XIVe–XVIe? siècles) L’intérieur de l’église conserve une nef gothique élancée, caractérisée par de hautes voûtes, des piliers fins et une grande luminosité. Cette partie de l’édifice témoigne de la transition entre le gothique rayonnant et le gothique flamboyant, très présent dans le Marais à cette époque.
  1. Les chapelles latérales et leurs décors
    Les chapelles, restaurées au XIXe siècle, présentent un ensemble varié de vitraux, sculptures et peintures. Certaines conservent des éléments médiévaux, tandis que d’autres ont été entièrement réaménagées au XIXe siècle, notamment sous la direction de Baltard.
  2. Le grand orgue Clicquot (1653) et la dynastie Couperin
    L’orgue de Saint-Gervais est l’un des instruments les plus prestigieux d’Europe. Construit par la famille Clicquot, il est intimement lié à la dynastie des Couperin, qui en furent les organistes titulaires pendant plus de deux siècles (1653–1826). Sa tribune est un élément majeur du patrimoine musical français.
  3. Les vitraux (XVIe–XXe siècles) L’église possède un ensemble de vitraux remarquables, mêlant pièces anciennes et créations plus récentes. Certains vitraux du XVIe siècle ont été restaurés après les dommages causés par l’explosion de 1918.
  4. Le clocher et le transept (restaurations récentes)
    Le clocher et le transept nord ont fait l’objet de restaurations importantes en 2013 puis en 2022, visant à consolider la structure et à restaurer la pierre et les vitraux. Ces interventions ont redonné à l’édifice une grande lisibilité architecturale.

Jardin du 13 novembre 2015 (Place Saint-Gervais)

Situé juste derrière l’Hôtel de Ville, le Jardin du 13 novembre 2015 est un espace mémoriel inauguré en 2025 en hommage aux 132 victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

  

Conçu comme un lieu de recueillement mais aussi de vie, il a été pensé en étroite collaboration avec les associations de victimes et réalisé par l’agence de paysagisme Wagon Landscaping. Ouvert au public depuis juin 2025, ce jardin de 3 000 m² occupe la place Saint-Gervais, au pied de l’église du même nom.

Il a été officiellement inauguré le 13 novembre 2025 par le président de la République et la maire de Paris.

Il s’inscrit dans la volonté de la Ville de Paris de créer un lieu à la fois sobre, apaisé et porteur d’espoir, où la mémoire des victimes se conjugue avec la résilience collective.

Le jardin évoque les différents sites touchés — Bataclan, Le Carillon, Le Petit Cambodge, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire, le Stade de France — à travers des blocs de granit qui matérialisent symboliquement les lieux des attaques.

La végétation saisonnière, l’éclairage nocturne, l’orme de Saint-Gervais et un olivier de la paix renforcent l’équilibre entre mémoire, nature et renaissance.

Pensé comme un jardin en mouvement, il accompagne les visiteurs dans un parcours sensible : un espace où l’on se recueille, où l’on respire, où l’on se souvient. Dix ans après les attentats, ce lieu offre une réponse urbaine et paysagère à la question de la mémoire collective, en plein cœur de Paris.

Hôtel de Ville de Paris

Dominant l’ancienne place de Grève* depuis 1357, aujourd’hui Esplanade de la Libération (depuis le 22 avril 2013), l’Hôtel de ville est le plus grand bâtiment municipal d’Europe : long de 110 mètres, large de 85 mètres et haut de 48 mètres.

A l’origine, La “Maison aux Piliers” était un grand bâtiment médiéval qu’Étienne Marcel acquiert en 1357 pour y installer l’administration municipale : c’est le premier Hôtel de Ville de Paris. À partir de 1533, le roi François Ier commande un véritable hôtel de ville de style Renaissance. Les travaux, menés par Domenico da Cortona puis Pierre Chambiges, s’achèvent en 1628.
Cet édifice devient le centre politique et administratif de la capitale.

Au cours des siècles, l’Hôtel de Ville est le théâtre de nombreux événements majeurs :

  • 1789-1799 : la Révolution française y installe des assemblées révolutionnaires et des comités.
  • 1830 et 1848 : les insurgés y proclament les nouveaux régimes.
  • 1871 : lors de la Commune de Paris, le bâtiment est incendié et entièrement détruit le 24 mai.

La reconstruction est décidée dès 1872. Les architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes réalisent entre 1874 et 1882 un édifice néo?Renaissance, reprenant fidèlement l’aspect extérieur du bâtiment du XVI? siècle tout en créant des intérieurs entièrement nouveaux décorés par les artistes de la Troisième République. La Salle des Fêtes, inaugurée en 1882, s’inspire du Palais des Doges de Venise et symbolise l’ambition républicaine de la capitale.

Aujourd’hui, l’Hôtel de Ville demeure :

  • le siège de la municipalité de Paris,
  • le lieu des séances du Conseil de Paris,
  • un espace de représentation officielle,
  • un ensemble architectural majeur, témoin de plus de six siècles d’histoire urbaine et politique.
  • La visite permet de découvrir un monument emblématique où se croisent histoire politique, architecture néo?Renaissance et vie démocratique contemporaine.

* Place de Grève : Le site était occupé autrefois par une ancienne grève, donc une sorte de plage faite de sable et de gravier, où il était facile de décharger des marchandises arrivant par la Seine. Ainsi très vite s’y installe un port remplaçant, progressivement, le port Saint-Landry situé sur l’île de la Cité. Le port de Grève devient le plus important de Paris : le bois, le blé, le vin, le foin y sont déchargés, facilitant ainsi l’installation d’un marché. C’est autour de ce port que va ainsi se développer sur la rive droite, un quartier très dense. Ce port permet l’installation, dès le début du XIIe siècle, d’un marché public qui portait en raison de sa proximité à la Seine le nom de « place de Grève ».

Sortie du 28 janvier 2026 – Rue des Rosiers, Jardin du 13 novembre 2015, Eglise Saint-Gervais, Notre-Dame

Mercredi 28 janvier :
Une journée au cœur du Marais jusqu’à l’île de la Cité mêlant patrimoine, histoire, mémoire et convivialité.

Organisatrice : Nathalie Le Bras

Nous étions 15 participants : Danielle Bours, Eliane Canevet, Annie Dillies-Le Bras, Bernard Fourgeaud, Jaime Hernandez, Nathalie Le Bras, Nicole Messmer, Martine et Patrick Mesureur, Daniel Prodon,, Françoise Rastello, Marie-Claude Testouin, Noëla et Sandra Themèze, Jean-François Vuacheux.

   

      


 

La visite de l’Hôtel de Ville ayant été annulée par le service Communication, nous avons décidé de conserver notre programme :

APRÉS-MIDI 

  • Découverte du Jardin du 13 novembre 2025 – Pour en savoir plus sur le mémoriel > ICI

  • Visite de l’Église Saint-Gervais-Saint-Protais – 13 Rue des Barres, 75004 Paris. Pour en savoir plus sur cette magnifique église > ICI
  • Visite de la Cathédrale Notre-Dame de Paris – 6 Parvis Notre-Dame – Pl. Jean-Paul II, 75004 ParisPour en savoir plus > ICI

 

Ventes de livres de l’association – décembre 2025

À l’occasion des fêtes de fin d’année, la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres a organisé deux matinées de vente de ses ouvrages, les samedis 13 et 20 décembre 2025.

Un grand merci à Françoise Lancelot, organisatrice de l’événement, ainsi qu’aux membres du Bureau (Daniel Prodon, Annie Dillies-Le Bras et Nathalie Le Bras) pour leur participation. Nos remerciements vont également à Marcelle Marcelli, Danièle Bours, Alain Dubourg, Brigitte Thoury et Jacques Peretti et à tous les autres membres présents qui ont contribué au bon déroulement de ces journées.

Nous exprimons aussi notre gratitude aux services de la Mairie de Sèvres pour le prêt d’un barnum, particulièrement apprécié en cette saison.

Ces ventes ont été une réussite, tant par l’ambiance conviviale et les rencontres avec les Sévriens (et au-delà), que par les résultats obtenus : les ventes ont dépassé celles de l’année précédente, et les visites des Caves du Roi ont rencontré un bel engouement.

Enfin, nous remercions chaleureusement Monsieur le Maire, Grégoire de la Roncière, pour sa visite.

Liens vers les posts vidéo sur Facebook :

  

Affiche de Françoise LANCELOT  Flyer de Nathalie Le Bras 

Photos de Nathalie Le Bras et Martine Lao

Les Caves du Roi à Sèvres, Des marchands de vins du Roi aux Brasserie de La Meuse

Vous venez de visiter les Caves du Roi ? Voici un excellent moyen de poursuivre l’aventure ! L’ouvrage « Les Caves du Roi à Sèvres – Des marchands de vins du Roi aux Brasseries de La Meuse » vous offre une plongée passionnante dans l’histoire de ces galeries, du XVIe siècle à nos jours. Un souvenir précieux de votre visite… et un geste de soutien envers l’association et ses bénévoles. 


Résumé du livre : Sous les rues de Sèvres se cache un réseau de caves au passé insoupçonné. Dans cet ouvrage, Lucile Hubschmann retrace l’histoire des “Caves du Roi” creusées dès le XVIe siècle pour la conservation du vin, puis investies au XVIIIe siècle par les marchands de vin du Roi, qui approvisionnaient la cour de Versailles. À travers des archives, des témoignages et des relevés de terrain, l’auteur dévoile comment ces galeries ont traversé les siècles, passant des mains royales aux Brasseries de La Meuse au XIXe siècle. Ce livre, richement illustré, nous plonge dans une aventure souterraine où se mêlent traditions viticoles, enjeux industriels et mémoire locale, révélant un pan méconnu du patrimoine sévriens.

Ouvrage disponible au local de l’association : 2 place du Colombier 92310 Sèvres

Prix : 20€
Auteur : Lucile HUBSCHMANN
Dépôt légal : 3e trimestre 2002, impression : Maury
ISBN 2-9518744-0-5
Dos carré collé : 224 pages

  

Les Seigneurs de Sèvres, 800 ans de Règne

Yves de Coninck, écrivain sévrien

Avocat en retraite, Yves de Coninck est passionné d’histoire.
Son ouvrage « Les Seigneurs de Sèvres, 800 ans de Règne » explore les lignages qui ont marqué l’histoire de la ville de Sèvres.

  • Résumé : Très peu d’écrits sont consacrés aux Seigneurs de Sèvres alors qu’ils ont régné 800 ans sur le village devenu ville ! À titre de comparaison, nos actuelles municipalités ont moins de 250 ans d’existence… Il importait donc de regrouper, dans ce petit ouvrage, ces 8 siècles de règne en insistant sur les rivalités entre les deux principaux seigneurs, qui ont duré plus de 350 ans. C’est l’objet du présent opuscule à savoir présenter les familles « (de) Livre (s) – (de) Longueil » et « Les Célestins de Paris » étant précisé que ce sont bien les premières familles qui furent les plus importants Seigneurs de Sèvres de 1408 à 1732. Avant le quinzième siècle, de nombreux petits Seigneurs ont régné sur Sèvres. À partir du milieu du dix-huitième siècle, seul le roi de France devient Seigneur de Sèvres et ce jusqu’à la révolution de 1789.
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  • Où vous le procurer : à la FNAC, sur AMAZON et sur le site de l’éditeur Les Éditions du Net
  • Prix : 15€
  • Editeur : Les Éditions du Net – Date de parution : 22/08/2025
    EAN13 : 9782312154718 – Format : 150 x 230 – Poids : 89 g
    Nombre de pages : 52
  • A propos de l’auteur
    Né en 1961, Yves de Coninck s’inscrit dans une lignée familiale d’origine flamande qui remonte au célèbre Pieter de Coninck, figure de Bruges au Moyen Âge. Passionné par l’histoire et les racines culturelles, il a toujours cultivé un lien fort avec le patrimoine.
    Juriste de formation, il a débuté sa carrière en tant que professeur de droit et conseiller juridique au tournant des années 1990, contribuant activement aux réflexions sur l’évolution des professions d’avocat et de conseil. Titulaire d’un Master en Droit et d’un diplôme spécialisé en gestion des collectivités locales, il a exercé comme avocat avant de prendre sa retraite.
    Très engagé sur les questions environnementales, Yves suit de près l’actualité du droit de l’environnement et milite pour une approche qu’il qualifie de “véritable écologie”. Ses travaux juridiques incluent notamment une nouvelle édition des grands arrêts de ce domaine, attendue en 2026.
    Installé à Sèvres depuis une dizaine d’années, il poursuit son activité d’écriture. Les Seigneurs de Sèvres – 800 ans de Règnes, publié aux Éditions du Net, est son cinquième ouvrage. À travers ce livre, il met en lumière les lignages qui ont marqué l’histoire locale. Membre actif de la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres, il contribue ainsi à enrichir la mémoire collective de la ville. Ce travail personnel complète les recherches publiées par l’association dans la revue SAVARA.

Activités 2025-2026

Pour les sorties, n’oubliez pas qu’il est obligatoire d’avoir régler sa cotisation 2025/2026.

Septembre 2025

  • Samedi 6 septembre : Forum des Associations
  • Samedi 20 et dimanche 21 septembre : Journées du Patrimoine

Octobre 2025

  • Jeudi 16 octobre : Assemblée Générale Ordinaire – Election du nouveau Conseil d’Administration
  • Samedi 18 octobre : Réunion du Conseil d’Administration – Election des membres du Bureau

Novembre 2025

  • Samedis 8 et 15 novembre : Don de livres au local de l’association – une initiative portée par Françoise Lancelot et Danielle Bours avec le soutien de Daniel Prodon pour l’installation d’une bibliothèque spécialialement dédiée à l’événement à l’entrée du local.
  • Lundi 17 novembre : Visite culturelle Eglise Saint-Ignace de Loyola, haut lieu spirituel des Jésuites à Paris, au cœur du 6e arrondissement – 33 rue de Sèvres 75006 Paris 
    Organisatrice : Mireille Martinet – Voir l’article ici
  • Jeudi 20 novembre : Habillage de la vitrine du local par Françoise Lancelot et Annie Dillies-Le Bras de chaleureuses décorations de Noël. Voir l’article ici
  • Samedi 22 novembre : apéro Beaujolais* convivial au local – chacun est invité à apporter quelque chose à partager.
    * L’abus d’alcool est dangereux pour la Santé. 

Décembre 2025

  •  Jeudi 4 décembre : 1ère séance de travail – réalisation d’un conte historique et pédagogique autour du sixième projet des Archives des Hauts-de-Seine intitulé « La Maison des enfants de Sèvres »Daniel Prodon, Mireille Martinet et Yves de Coninck, membres de l’association, accompagneront une classe de 4e du Collège de Sèvres aux Archives de Nanterre. Ce déplacement marquera le lancement de ce projet dont l’objectif est de créer un conte historique et pédagogique. Celui-ci, élaboré avec l’aide de Clothilde Lebas, anthropologue-conteuse, sera présenté en juin 2026, à des élèves de quatrième du collège de Sèvres. Si le succès est au rendez-vous, il pourra faire l’objet d’autres représentations… Pour suivre ce projet, cliquez ici
  • Samedis 13 et 20 décembre : Deux rendez-vous exceptionnels autour de Noël
    Matin – 10h à 12h/12h30 : Ventes de livres sur l’histoire de Sèvres animée par Françoise Lancelot ! L’occasion idéale de trouver des cadeaux originaux à petits prix (entre 10€ et 20€) pour vos proches et vos amis.
    Après-midi – 14h : Visite guidée des Caves du Rois réservée aux familles sévriennes. Cet événement exceptionnel, conçu pour émerveiller les enfants, sera conduit par Daniel Prodon, notre Président et guide, accompagné d’Alain Dubourg. Une découverte passionnante qui séduira autant les plus jeunes que les adultes, avec quelques surprises au programme. Pour réserver la visite, c’est par ici

Janvier 2026

  • Samedi 10 janvier : déjeuner annuel au Restaurant l’Entracte 3 Rue de Versailles, 92410 Ville-d’Avray
  • Vendredi 23 janvier 2e séance de travail – réalisation du conte historique et pédagogique dans le cadre du 6e projet des Archives des Hauts de Seine « La Maison des enfants de Sèvres ». Présentation orale d’un poème réalisé par l’anthropologue conteuse Clotilde Lebas à une classe de 4e du Collège de SèvresPour suivre ce projet, cliquez ici
  • Mercredi 28 janvier Visite guidée de l’Hôtel de Ville de Paris (durée 1h15 à 1h30) 3 Rue de Lobau, 75004 Paris suivie, pour celles et ceux qui le souhaitent, de la découverte de la magnifique Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris 13 Rue des Barres, 75004 Paris – Organisatrice : Nathalie Le Bras
    Important : la visite pourra être reportée en cas de modification du planning des manifestations officielles ou de l’actualité de l’Hôtel de Ville. Nous pouvons en être informé à la dernière minute !

Février 2026

  • Vendredi 13 février : Visite guidée du Musée des Egouts de Paris 

 

Suite : à venir