Édifiée au cœur de l’île de la Cité, Notre-Dame de Paris est l’un des monuments les plus emblématiques du patrimoine français. Elle constitue un lieu de culte catholique et sert de siège à l’archidiocèse de Paris, dédié à la Vierge Marie.
Sa construction débute en 1163, sous l’impulsion de l’évêque Maurice de Sully, et s’étend sur près de deux siècles, jusqu’au milieu du XIVe siècle. Cette longue durée explique la présence de plusieurs phases du gothique : gothique primitif, gothique classique et gothique rayonnant. Les deux grandes rosaces du transept, réalisées au XIII? siècle, comptent parmi les plus vastes d’Europe.
Après les dégradations de la Révolution française, la cathédrale fait l’objet d’une vaste restauration entre 1845 et 1867, dirigée par Eugène Viollet-le-Duc. Cette intervention, parfois controversée, restitue l’unité stylistique de l’édifice tout en y intégrant des éléments nouveaux, dont la célèbre flèche du XIXe siècle. Ces ajouts expliquent que l’architecture ne soit pas totalement homogène, mêlant restauration, création et héritage médiéval.
Notre-Dame est intimement liée à l’histoire de France. Église paroissiale royale au Moyen Âge, elle accueille en 1239 l’arrivée de la Sainte Couronne, relique majeure de la Passion. Elle est le théâtre du sacre de Napoléon Ier en 1804, du baptême du duc de Bordeaux en 1821, et des funérailles nationales de plusieurs présidents de la République : Adolphe Thiers, Sadi Carnot, Paul Doumer, Georges Pompidou et François Mitterrand. En 1944, un Magnificat y est chanté pour célébrer la Libération de Paris. En 2013, la cathédrale fête le 850e anniversaire du début de sa construction.
L’édifice inspire de nombreuses œuvres artistiques, au premier rang desquelles le roman de Victor Hugo, Notre?Dame de Paris (1831), qui contribue largement à la prise de conscience patrimoniale ayant mené à la restauration du XIXe siècle. Au début du XXIe siècle, Notre-Dame accueille 13 à 14 millions de visiteurs par an, faisant d’elle le monument le plus visité d’Europe avant l’incendie de 2019. Son statut de basilique mineure souligne son importance spirituelle et liturgique.
Aujourd’hui, après l’incendie du 15 avril 2019, qui avait détruit la charpente médiévale, la flèche et une partie des voûtes, la cathédrale a retrouvé son éclat grâce à une restauration exceptionnelle menée entre 2019 et 2024. Rouverte au public en décembre 2024, elle accueille de nouveau fidèles et visiteurs, marquant une nouvelle étape dans l’histoire d’un monument qui, depuis près de neuf siècles, incarne la mémoire religieuse, artistique et nationale de la France.
Les éléments architecturaux majeurs de Notre-Dame de Paris
- La façade occidentale (vers 1200–1250) : Chef-d’œuvre du gothique classique, elle se distingue par son équilibre et sa lisibilité. Elle comprend :
- Trois portails sculptés (Portail du Jugement, Portail de la Vierge, Portail Sainte-Anne), véritables « bibles de pierre ».
- La Galerie des Rois, où 28 statues représentent les rois de Juda.
- La grande rose occidentale, installée vers 1225, symbole de la lumière divine.
- Les deux tours, hautes de 69 mètres, achevées au milieu du XIIIe siècle.

- Le plan basilical et la nef gothique (XIIe–XIIIe siècles)
La nef, longue de 130 mètres, illustre le gothique primitif : élévation à quatre niveaux (grandes arcades, tribunes, triforium, fenêtres hautes) + voûtes sexpartites et piliers massifs soutenant la structure. Cet espace monumental était conçu pour accueillir les grandes cérémonies royales et populaires.

- Les rosaces du transept (XIIIe siècle).
Parmi les plus grandes d’Europe, elles sont emblématiques du gothique rayonnant :
Rosace nord (vers 1250), dédiée à l’Ancien Testament,
Rosace sud (vers 1260), dédiée au Nouveau Testament.
Chacune mesure plus de 13 mètres de diamètre et conserve une grande partie de son verre médiéval.

- Le chœur et le déambulatoire (XIIe–XIIIe siècles)
Le chœur, l’une des premières parties construites, présente des voûtes gothiques élancées, un déambulatoire permettant la circulation autour du sanctuaire, des chapelles rayonnantes destinées aux reliques et aux offices privés. Il illustre la transition entre gothique primitif et gothique rayonnant.

- Les chapelles latérales (XIIIe–XIVe siècles)
Ajoutées progressivement, elles témoignent de l’évolution du culte et de la vie paroissiale.
Elles abritent des œuvres sculptées, des vitraux et des peintures allant du Moyen Âge au XIXe siècle.

- Les arcs-boutants (XIIIe siècle)
Innovation majeure du gothique, les arcs-boutants de Notre-Dame sont parmi les plus anciens et les plus audacieux de leur époque.
Ils permettent : d’élever les murs, d’agrandir les fenêtres, et d’inonder la nef de lumière. Ce sont eux qui donnent à la cathédrale son profil aérien.

- La flèche (1859, restituée en 2024)
Créée par Viollet-le-Duc lors de la restauration du XIXe siècle, la flèche mesurait 96 mètres.
Elle a été détruite lors de l’incendie de 2019, puis reconstruite à l’identique dans le cadre de la restauration achevée en 2024.
Elle symbolise la verticalité et l’élan spirituel du monument.

- Le grand orgue (XIIIe–XXe siècles)
L’un des plus grands instruments d’Europe, enrichi au fil des siècles.
Il conserve des éléments médiévaux, des apports de Clicquot (XVIIIe siècle) et de Cavaillé-Coll (XIXe siècle).





















