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« Au Saut du Livre » du 17 novembre 2012

Nous avons débuté la séance par le récit autobiographique de l’écrivain américain Robert Goolrick intitulé Féroces du titre anglais The End of the World as we know it  (La fin du monde telle que je l’ai connue : scènes de vie). Livré qualifié de « remarquable » et de « puissant »  par nos lecteurs, Féroces n’en est pas moins un roman sur la violence faite aux enfants dont on ne se remet jamais !

Au delà de l’histoire, c’est le texte lui-même, à la fois cynique et lucide qui est féroce, voir à la limite du supportable, tant la souffrance est vécue de l’intérieur. C’est toute la force de l’écriture de Robert Goolrick, qui est, à la fois narrateur, héros et auteur.

Le second roman Bifteck de Martin Provost, plus léger dans sa forme et son contenu que le premier récit a suscité de nombreuses réactions positives. A la fois fable fantaisiste et conte loufoque, la lecture de ce petit roman est un vrai moment de rafraîchissement. Nous y retrouvons André, fils de bouchers et grand séducteur, obligé de s’enfuir avec ses sept enfants, fruits de ses amours avec des femmes mariées. Toujours à la limite du réalisme et du fantastique, ce texte, emprunt de beaucoup de poésie, nous entraîne dans un tourbillon de mots carnassiers et charnels pleins d’humour. A déguster sans modération !

Le troisième opus fut le très japonais L’annulaire de l’écrivain Yoko Ogawa. Ce sombre et étrange conte « fantastique » met en scène une jeune fille aux prises avec ses obsessions et dont la soumission à un étrange maître taxidermiste qui a le don de savoir tout conserver (une mélodie, une blessure…) dans son entrepôt désaffecté, constitue l’énigme psychologique fascinante de ce long récit à l’écriture délicatement ouvragée. Apprécié par de nombreux lecteurs, l’univers onirique d’Ogawa a pu en perturber d’autres par son « inquiétante étrangeté ».

Notre dernier ouvrage pour cette séance fut le court roman de Bruce Bégout Le ParK, féroce satire de notre époque à la fois festive et cruelle. Pastiche d’analyse sociologique sous forme de faux reportage sur le « ParK » – un parc d’attraction pour riches touristes occidentaux blasés, qui fusionne en lui toutes les formes de parcs et de parcage, de Auschwitz à Disneyland – ce texte d’anticipation dystopique rappelle les sombres prophéties d’un J.G Ballard qui explorait déjà vers 1970 le versant catastrophique de nos sociétés de loisirs hyper-modernes et spectaculaires. Délibérément provocateur et cynique, Bruce Bégout signe ici un texte à la fois sarcastique et violent qui peint sans fard l’infinie brutalité de notre monde futur. Certains lecteurs furent choqués par ce texte cru et parfois théorisant, à la limite de l’essai, tandis que d’autres furent enthousiasmés par les visions dantesques et prophétiques qui se déploient dans le roman.

Voici pour terminer quelques suggestions de lectures et de films liées au thématiques abordées lors de cette séance :

 

Le livre des nuits de Sylvie Germain

Robinson Crusoé de Michel Tournier

Dans la ville des veuves intrépides de James Canon

 

Family Life (film) de Ken Loach

Festen (film) de Thomas Vinterberg

Beach Music ; Le Prince des marées de Pat Conroy

 

La foire aux atrocités de J.G. Ballard

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